Julien AubertMa question s'adresse à Mme Ségolène Royal, ministre de l'écologie, du développement durable et de l'énergie. Madame le ministre, , comme l'a montré la question précédente, vous êtes en charge de la future loi relative à la transition énergétique qui vise à diminuer d'un tiers la part du nucléaire, en s'inspirant du modèle allemand.
Savez-vous qui a prononcé ces phrases : « La vérité est que la transition énergétique est sur le point d'échouer, la vérité est que sous tous les aspects, nous avons sous-estimé la complexité de cette transition énergétique. La noble aspiration d'un approvisionnement énergétique décentralisé et autonome est bien sûr une pure folie. Quoi qu'il en soit, la plupart des autres pays d'Europe pensent que nous sommes fous ! » Ces phrases sont tirées de l'argumentaire utilisé le 16 avril dernier par le vice-chancelier allemand, socialiste, ministre de l'économie et de l'énergie, M. Sigmar Gabriel, le « Arnaud Montebourg »
J'ai envie de vous poser une question. Nous nous inspirons du modèle allemand, mais que pensez-vous de ce modèle qui, s'il a produit trois fois plus d'énergie renouvelable – 24 % –, et 50 % de nucléaire en moins, a conduit à une hausse des émissions de CO2 ? M. Fabius ne vient-il pas de dire que nous avions 500 jours pour sauver le monde ? Or, la baisse de la part du nucléaire a entraîné une hausse des émissions de CO2 en Allemagne ! Pourquoi donc critiquer le modèle français alors que nous sommes le deuxième pays le plus faiblement émetteur de gaz à effet de serre dans l'Union européenne ?
À l'heure où le président François Hollande appelle à un EADS franco-allemand de l'énergie, je vous pose cette question simple : Allez-vous favoriser le couple franco-allemand et suivre Sigmar Gabriel en réorientant la loi relative à la transition énergétique ou allez-vous le désavouer ? Après tout, vous avez déjà désavoué M. Montebourg à propos de General Electric, vous pouvez faire de même avec le « Montebourg » allemand ! Ou au contraire allez-vous vous entêter ? Rappelez-vous cependant que le nucléaire représente 400 000 emplois !