Bernard Cazeneuve, ministre de l'intérieur. Merci beaucoup, monsieur le député, pour votre question dont l'énoncé retrace une situation juste, que l'on connaît et à laquelle de nombreux pays européens se trouvent confrontés. C'est vrai, les flux migratoires aux frontières de l'Europe augmentent, pour des raisons qui ne tiennent en rien à Schengen, ni à l'insuffisance des moyens de Frontex, mais à la situation géopolitique que vous avez rappelée.
Lorsque des populations sont confrontées, dans leur pays, à la dureté de la guerre, à la torture, à la barbarie, elles se trouvent poussées, malgré elles, sur les chemins de l'exode. C'est ce qui se passe aujourd'hui pour les populations érythréennes, syriennes, qui arrivent sur le territoire de l'Union européenne.
Rappelons que nous avons nous-mêmes souhaité que Frontex dispose de moyens supplémentaires mais au moment de la négociation du cadre financier de l'Union européenne pour la période 2013-2020, ce sont les conservateurs européens qui n'ont pas voulu augmenter le budget de l'Union européenne, privant ainsi les grandes politiques de l'Union européenne des moyens de faire connaître entièrement leurs effets. Au moment où nous nous battions pour que Frontex dispose de davantage de moyens, les membres du PPE au sein du Parlement européen n'ont pas été d'un grand secours, alors que nous avons justement besoin, pour mener ces grandes politiques, de budgets supplémentaires.
Je voudrais insister sur un troisième point : il ne faut pas, selon une approche simpliste de ces questions, laisser croire que Schengen serait à l'origine des flux migratoires. Ce sont les situations géopolitiques qui l'expliquent et d'ailleurs, un certain nombre de pays qui n'ont pas adhéré à Schengen sont soumis à la même pression que le nôtre – je pense notamment au Royaume-Uni.
Nous devons, pour lutter contre ce phénomène, renforcer les coopérations européennes. Nous le faisons et j'ai rencontré hier la commissaire européenne, Cécilia Malmström, pour que nous prenions des initiatives ensemble. Nous devons lutter résolument contre l'immigration irrégulière. Nous avons ainsi démantelé près de 200 filières l'année dernière.