Mesdames, Messieurs,
En violation de l’interdiction de manifestation décidée par la préfecture des Deux‑Sèvres du 24 au 26 mars dans le cadre de la mobilisation contre les retenues d’eau, 6 000 personnes se sont réunies à Sainte‑Soline le 25 mars 2023, dont environ 1 000 personnes avec des comportements ultraviolents.
Les violences extrêmement graves qui se sont déroulées ce 25 mars ont blessé 47 militaires de la gendarmerie nationale et 7 manifestants. Des véhicules de la gendarmerie ont été détruits ou saccagés.
Tout laisse à penser que cette violence, empêchant jusqu’au bon déroulement des opérations de secours, était organisée, comme le démontrent les objets remis ou saisis en amont : 62 couteaux, 67 boules de pétanque, 7 artifices, 6 bidons d’essence, 12 pierres et parpaings, 13 haches ou machettes, 5 matraques ou battes de baseball, 20 aérosols ou bonbonnes de gaz, 69 équipements de protection et 95 outils divers.
Ces événements font écho à d’autres actions violentes intervenues depuis le 16 mars 2023 dans le cadre de manifestations non déclarées ou interdites : tirs de mortier contre les préfectures de la Côte‑d’Or et de Saint‑Nazaire, tentatives d’incendie de la mairie du quatrième arrondissement de Lyon, de la préfecture de l’Ariège, du tribunal administratif de Nantes et de la sous‑préfecture et du commissariat de Lorient, jets de cocktail Molotov sur la préfecture de l’Isère, incendie de la porte de la mairie de Bordeaux, etc.
Au total sont dénombrés, entre le 16 et le 27 mars 2023, 114 actes de vandalisme contre des permanences politiques et parlementaires, 128 actes de vandalisme contre des bâtiments publics et 2 179 incendies volontaires, sans même mentionner les menaces et intimidations à l’encontre des élus. Sur cette même période, 891 policiers et gendarmes ont été blessés, parfois très gravement, dans le cadre d’actions violentes.
Ces faits ont en commun la violence radicale et l’entretien d’un climat insurrectionnel. Au regard de leur gravité pour notre République et pour les forces de sécurité qui la protègent et face aux questionnements qu’appellent ces éléments de structuration manifeste, il apparaît indispensable de faire toute la lumière sur les conditions et les moyens par lesquels des activistes et groupuscules organisent et conduisent ces mobilisations ultraviolentes, en interrogeant notamment leurs sources de financement et leurs liens avec les partis politiques institués.