Jean-Yves Le Drian,
Ministère de la défense •
21 oct. 2014Les traités signés entre la République française et le Royaume-Uni de Grande Bretagne et d'Irlande du Nord, dits accords de Lancaster House, le 2 novembre 2010, ont permis de renforcer la coopération franco-britannique en matière de défense et de sécurité. Dans le domaine des opérations et de l'entraînement des forces, la France et le Royaume-Uni ont décidé ainsi de se doter, à partir de 2016, d'une force expéditionnaire commune interarmées « Combined Joint Expeditionary Force », capable d'être déployée sur les théâtres d'opérations menées sous l'égide des Nations unies, de l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord ou de la politique de sécurité et de défense commune de l'Union européenne, au sein d'une coalition ou dans un cadre bilatéral. Les exercices militaires réalisés conjointement par les deux pays traduisent, d'ores et déjà, les progrès accomplis pour développer cette capacité de projection de force commune interarmées qui s'appuiera, pour la partie française, sur les forces en alerte dans le cadre de l'échelon national d'urgence. Depuis plusieurs années, la France et le Royaume-Uni ont entrepris, en effet, d'accroître et de tester l'interopérabilité de leurs composantes militaires aérienne et navale, comme en témoignent les exercices « Corsican Lion » et « Joint Warrior », menés respectivement en 2012 et 2013, et de faire évoluer ainsi leurs concepts d'emploi. L'année 2014 a permis de franchir une nouvelle étape avec l'exercice « Rochambeau » qui a mis en valeur les progrès réalisés au sein de la composante militaire terrestre. En abordant la phase d'entraînement interarmées, les exercices de niveau stratégique « Crisis Contingency Team », d'état-major « Griffin Rise » et de déploiement des forces « Griffin Strike », prévus en 2015 pour les deux premiers, et en 2016 pour le troisième, permettront de valider le concept de projection de force commune interarmées, conformément aux objectifs des accords de Lancaster House.