💬emploi et activitéBérengère Poletti •
10 juil. 2014 •
bâtiment et travaux publicsdifficultésperspectives M. le président. La parole est à Mme Bérengère Poletti, pour le groupe de l'Union pour un mouvement populaire.
Mme Bérengère Poletti. Ma question s'adresse à M. le Premier ministre et j'y associe le député de la Charente-Maritime, Didier Quentin.
Monsieur le Premier ministre, c'est pour tirer la sonnette d'alarme que je m'adresse à vous aujourd'hui. Le secteur des travaux publics est en danger pour de multiples raisons. La première est liée, bien évidemment, aux élections municipales car, nous le savons tous ici, les années électorales ne sont pas fastes pour le bâtiment et les travaux publics.
Les autres raisons sont bien plus graves et appellent une prise de conscience immédiate et des décisions rapides de votre part. Le secteur des travaux publics dépend à hauteur de 75 % de la commande publique et de 25 % des investissements privés au niveau national, avec des différences selon les zones géographiques.
La commande publique, notamment celle des communes, est au point mort. Les communes ont des contraintes budgétaires énormes liées, d'une part, à la baisse inédite des dotations de l'État et, d'autre part, à l'augmentation de leurs dépenses, comme celles induites par les rythmes scolaires et par l'insécurité liée à la perspective de la réforme territoriale.
Elles sont obligées de faire des choix. Malheureusement, ces choix affectent directement les investissements. Le secteur n'embauche plus depuis deux ans et n'est plus en capacité d'offrir des contrats aux jeunes en apprentissage.
Le recours aux travailleurs détachés devient occasionnellement une roue de secours mais fragilise un peu plus encore l'emploi dans ce secteur. Pour la seule région Champagne-Ardenne, le secteur prévoit la suppression de 1 000 à 1 500 emplois d'ici la fin 2015. Au niveau national, 60 000 emplois sont menacés d'ici à 2017. C'est une hémorragie.
Aussi, monsieur le Premier ministre, alors que les chiffres du chômage continuent de se dégrader en France, nous vous demandons instamment de bien vouloir prendre les mesures urgentes de sauvetage de ce secteur.
(Applaudissements sur les bancs du groupe UMP.)M. le président. La parole est à M. le ministre des finances et des comptes publics.
M. Michel Sapin, ministre des finances et des comptes publics. Le secteur des travaux publics, et plus généralement celui du bâtiment, rencontre de grandes difficultés, comme vous l'avez souligné. Il convient de regarder la réalité en face. Le secteur souffre beaucoup aujourd'hui.
Vous en avez donné certaines raisons, comme celle du cycle électoral. Le secteur est souvent dans une situation plus compliquée l'année précédant l'élection. Cette année, les nouvelles équipes – parfois à votre avantage sur le plan politique ! – se mettent en place : il y a donc un temps de réflexion avant de lancer des investissements. Nous sommes dans cette période délicate.
Par ailleurs, il est indispensable que les efforts d'économie soient partagés par l'État – nous aurons cet après-midi, avec Christian Eckert, l'honneur de vous décrire les perspectives d'économies de l'État que nous soumettrons au vote du Parlement – et par les collectivités territoriales, sans pour autant sacrifier, pour l'un comme pour l'autre, l'investissement. On peut diminuer les dépenses de fonctionnement de l'État et celles des collectivités territoriales, sans pour autant – j'ai été très longtemps maire et président de conseil régional et je parle donc en connaissance de cause – sacrifier, je le répète, l'investissement. Cela demande un effort, mais nous ferons ce travail avec les collectivités territoriales.
Les Assises de l'investissement, qui auront lieu à l'automne, nous permettront de travailler avec ces dernières mais également avec le secteur privé, de façon que l'investissement ne soit pas une victime et devienne même le moteur de la croissance de notre économie. C'est vrai dans le secteur des travaux publics comme dans bien d'autres secteurs.
(Applaudissements sur les bancs du groupe SRC.)M. Pierre Lellouche. Il faut simplement le faire, maintenant !