Le système d’orientation postbac en France a bien évolué avec l’installation de Parcoursup. Bien que les jeunes se disent mieux accompagnés dans la phase de préparation des vœux par leur professeur principal et par leur famille, certaines limites affectent leur intégration dans l’enseignement supérieur, en particulier pour ceux qui sont issus de milieux défavorisés ou de territoires ruraux éloignés des villes universitaires. De nombreux rapports constatent que l’orientation reste trop souvent déterminée par l’origine sociale. Les jeunes issus de milieux modestes, dont les parents sont peu diplômés ou ne le sont pas sont surreprésentés dans les filières professionnelles courtes, tandis que les enfants de cadres ou de diplômés du supérieur accèdent plus facilement aux études longues. Cette réalité, bien que connue, reste inacceptable dans une République qui se veut égalitaire. Dans les territoires ruraux, 32 % des jeunes de milieux populaires souhaitent obtenir un diplôme de filière courte, contre 16 % de leurs camarades urbains. Cette différence n’est pas anodine : elle reflète un accès inégal à l’information, à l’accompagnement, à l’ambition, mais aussi un manque de moyens financiers. Pour les ménages vivant dans des départements sans ville universitaire et sans offre universitaire, la charge d’un étudiant est parfois trop lourde à assumer. À ces limites s’ajoute la complexité des choix face à l’immense variété des formations disponibles. Trop de jeunes se sentent encore perdus face à Parcoursup, stressés par des choix qu’ils estiment imposés, et mal informés sur les débouchés réels des filières ; 58 % des lycéens déclarent être inquiets quant à leur orientation et 84 % citent le stress lié à Parcoursup comme principale source d’angoisse. Malgré les dispositifs d’orientation, de nombreux étudiants se sentent isolés dans leur prise de décision. Alors, que faire ? Comment transformer ce système pour qu’il devienne enfin un vecteur d’égalité des chances ? D’abord, il est urgent de renforcer l’accompagnement individualisé des élèves, dès le collège. Le choix d’un métier, c’est un projet de vie, qui peut engager une vie entière ; c’est donc un choix difficile et déterminant. Les professeurs principaux, souvent en première ligne, ne peuvent pas assurer seuls cette mission. Ils doivent être mieux formés et leur temps de travail doit intégrer plus de plages horaires dédiées à l’orientation. En outre, il faut repenser Parcoursup pour en faire un outil plus transparent et moins anxiogène. Pourquoi ne pas imaginer un système dans lequel chaque jeune aurait accès à un tuteur, un étudiant ou un professionnel, pour l’aider à naviguer dans les méandres des formations et des attendus ? Pourquoi ne pas développer des modules d’orientation plus concrets, intégrant beaucoup plus d’immersions en entreprise ou des rencontres avec des professionnels, dès le collège ? Pour les jeunes ruraux, la réponse passe aussi par un renforcement de l’offre de formation locale et par une meilleure prise en compte de leurs contraintes de mobilité. Les bourses sur critères sociaux doivent aussi intégrer un volet spécifique pour les jeunes des territoires éloignés, afin de couvrir les frais supplémentaires liés à la mobilité. Les résidences universitaires et les logements étudiants doivent être développés dans les villes moyennes pour éviter que les jeunes ruraux ne renoncent à leurs études par crainte de ne pas avoir les moyens de se loger. Enfin, nous devons briser les stéréotypes qui pèsent sur certaines filières. Par exemple, la voie professionnelle doit être revalorisée et présentée pour ce qu’elle est : une voie d’excellence. Trop de jeunes la perçoivent encore comme une voie de relégation, alors qu’elle peut être un tremplin vers une insertion professionnelle réussie et une belle carrière. L’orientation n’est pas une question technique ; c’est une question de justice sociale. Aussi avez-vous prévu, monsieur le ministre, de poursuivre en 2026 le chantier d’amélioration de Parcoursup, en vous appuyant sur les retours des usagers et des acteurs de l’orientation. Vous avez défini trois axes de travail : renforcer l’accompagnement à l’orientation ; améliorer la transparence et la régulation ; optimiser la phase principale et l’offre de formation. Où en est le travail sur ces différents axes ?
La propension à tuer des gens et à racheter des vies, quand on a 9 ou 11 ans, est véritablement inquiétante. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a classé le trouble du jeu vidéo parmi les comportements très addictifs qui ont de graves répercussions sur la vie des personnes. Madame la ministre, comment cette loi classera-t-elle les jeux vidéo, qui ne sont pas toujours assimilés à des plateformes ? Comment les obligera-t-on à créer des outils sécurisés pour les mineurs ?
Je soutiens l’amendement no 46 du gouvernement et, plus globalement, cette proposition de loi qui protégera les mineurs face aux dérives numériques. Permettez-moi d’appeler votre attention sur les jeux vidéo, qui connaissent une expansion massive. Nos jeunes jouent de plus en plus à ces jeux qui sont conçus pour encourager la répétition, donc la dépendance. Ce qui me gêne le plus, ce sont les scènes de violence, qui risquent d’encourager l’agressivité.
Le mardi 16 décembre, la Commission européenne a abandonné son projet emblématique qui visait à contraindre les constructeurs automobiles à basculer vers le tout-électrique d’ici à 2035 pour les véhicules neufs. En tant que rapporteure du projet de loi portant diverses dispositions d’adaptation au droit de l’Union européenne en cette matière, j’avais défendu un amendement supprimant l’article qui inscrivait cette obligation dans la loi française. L’Assemblée nationale l’avait adopté, jugeant en majorité que cette échéance était prématurée. La première raison en est que l’appareil productif n’est pas encore adapté à l’ambition européenne initiale. Nous, Européens, avons comme souvent choisi de réglementer le marché sans nous préoccuper de la capacité de notre industrie à suivre et à passer à une production de masse qui ferait baisser les prix. La seconde raison en est le coût : l’automobile électrique reste hors de portée pour de nombreux ménages et le marché du véhicule électrique ne décolle pas. Faute de commandes suffisantes, certains sous-traitants et équipementiers sont menacés. Leur disparition serait très grave pour des industries majeures telles que la chimie, la métallurgie, la plasturgie ou l’électronique. Elle aurait des conséquences plus graves encore pour notre production militaire – celle-ci a plus que jamais besoin de cette industrie et de ses compétences. Dans le Jura, de nombreuses entreprises sous-traitantes, véritables fleurons, sont liées au secteur de l’automobile thermique. Il s’agit là de milliers d’emplois qui irriguent nos territoires. Ce sont des savoir-faire d’excellence, des talents qui ne peuvent disparaître. Des investissements importants ont été réalisés. Je peux citer l’exemple de Solvay-Syensqo qui développe dans le Jura la production de matériaux pour les batteries, projet fortement soutenu par l’État. Mais gare aux polémiques et aux contradictions ! Les plus fervents partisans de la transition écologique contestent l’usage de PVDF, l’assimilant à grand tort à des PFAS. Vous l’avez dit, monsieur le ministre, la France veut agir en instaurant des droits de douane ciblés. Quelles réponses pouvez-vous apporter ? Notre industrie a besoin d’être rassurée.
…a annoncé le déploiement d’un service militaire volontaire, opérationnel dès 2026. Il renforcera le lien entre la nation et ses armées et offrira aux jeunes volontaires une formation civique et militaire de qualité. Il faut aussi encourager les autres formes d’engagement : la réserve opérationnelle, qui permet à des civils de s’engager aux côtés de nos militaires, ou encore les classes de défense, qui favorisent l’appropriation des valeurs républicaines et développent la culture de l’engagement chez les jeunes. Enfin, l’investissement dans l’industrie de défense, accessible aux particuliers grâce à des fonds spécifiques, est également une forme d’engagement citoyen. Chers collègues, notre responsabilité est claire. Tout renoncement nous mettrait en danger face à ces défis qui touchent à nos intérêts vitaux et à la survie de notre pays. Ce que nous allons voter ne sera pas un effort de guerre mais un investissement pour la paix. En effet, ce n’est pas la guerre que nous voulons ; nous voulons la paix. Et la meilleure façon de la garantir consiste à disposer d’un appareil de défense prêt, performant, autonome et souverain. Je souhaite pour finir rendre hommage à nos soldats, à nos réservistes, à nos industriels et à tous ceux qui, chaque jour, œuvrent pour la sécurité de notre pays. Que leur engagement et leur sens du devoir nous inspirent et nous conduisent à l’unité nationale autour de nos forces armées et de notre République ! Nous voterons donc pour l’augmentation du budget de la défense : nous vous invitons à faire de même. (Applaudissements sur les bancs des groupes EPR et Dem.)
…ce vote mettra au jour les positions de chacun et révélera qui sont les vrais patriotes. Il est en effet indispensable d’augmenter le budget de notre défense pour préserver notre nation du péril le plus grave : la guerre. Alors qu’elle fait rage à nos portes, que les équilibres géopolitiques vacillent, que l’Otan s’affaiblit, que Trump se joint à Poutine pour affaiblir l’Europe et rêve de la vassaliser, nous devons, en tant que représentants de la nation, soutenir sans réserve notre défense nationale. (Applaudissements sur les bancs du groupe EPR.) La France, nation souveraine et indépendante, doit tout faire pour tenir son rang d’armée la plus puissante de l’Union européenne et pour préserver ses précieux atouts : une armée professionnelle engagée, respectée, technologiquement avancée et dotée d’équipements de pointe, une force navale puissante, une force nucléaire stratégique et un savoir-faire industriel français qui s’impose comme une référence dans un large spectre capacitaire. Depuis 2017, nous avons doublé le budget militaire. Monsieur le premier ministre, sous votre impulsion, nous avons fait les bons choix au bon moment. Il était temps, après des décennies d’abandon de nos armées ! Comme l’a reconnu le chef d’état-major des armées, le général Mandon, nos armées reviennent de très loin. Dans le contexte actuel, elles méritent – et attendent – un signal encore plus fort : en l’occurrence, une hausse de 6,7 milliards d’euros en 2026, qui puisse s’inscrire sur le long terme. Une augmentation de 36 milliards entre 2026 et 2030 permettra de donner, et c’est essentiel, la lisibilité, la visibilité et la stabilité indispensables pour développer notre outil de production et pour innover dans un contexte de rupture technologique totale. Les géants de l’industrie de la défense ne sont pas les seuls concernés. De très nombreuses PME et TPE sous-traitent en effet dans toute la France, dans des départements comme le Jura – où une industrie civile et diversifiée d’excellence se prépare à prêter main-forte à l’industrie de défense. De tels investissements auront donc un double bénéfice : ils permettront d’augmenter l’activité économique et auront un effet géopolitique de dissuasion qui nous préparera à l’éventuel désengagement américain du théâtre européen. Par ailleurs, le président de la République…
Alors que Donald Trump menace de lâcher l’Ukraine et l’Europe contre laquelle ses diatribes se font de plus en plus violentes, au plus grand bonheur de Vladimir Poutine et alors que certains partis de l’hémicycle conservent leur indulgence à l’égard du Kremlin,…
Je souhaite d’abord vous remercier, monsieur le premier ministre, de nous consulter sur un sujet aussi crucial que l’augmentation des moyens alloués à nos armées. Cette consultation est d’autant plus importante dans un contexte de débat budgétaire confus, qui a vu certains députés rivaliser d’imagination pour inventer des milliards de nouvelles taxes, annuler des crédits ou créer de nouvelles charges, faisant perdre toute cohérence et tout sens au projet de loi de finances. C’est un moment de vérité qui nous impose de choisir notre camp : pour ou contre un budget pour la France ?
Cet article est important. Il dispose que la poursuite de l’exercice du mandat en cas de congé maladie est possible, sauf avis contraire du médecin. En l’état du droit, le médecin doit formellement donner son accord. Or cette exigence pose un problème : l’accord se traduit par une simple case à cocher sur l’arrêt maladie. Cette formalité échappe souvent au médecin et l’élu concerné ne pense pas toujours à demander que la case soit cochée, ce qui conditionne pourtant la possibilité de poursuivre son mandat. Je prendrai l’exemple d’un élu jurassien. Placé en arrêt maladie en raison d’un métier pénible et de problèmes de dos, il a continué pendant plusieurs années à exercer son mandat, guidé par son sens du devoir et son dévouement envers ses concitoyens. Il pouvait en effet travailler à distance, rester assis à son bureau en mairie, recevoir ses administrés et collaborer avec son équipe municipale. Aujourd’hui, la caisse primaire d’assurance maladie (CPAM) lui réclame plusieurs dizaines de milliers d’euros sur les indemnités perçues. Cet article est donc essentiel : on ne peut pas pénaliser des élus qui, bien qu’en arrêt maladie, se dévouent et poursuivent leur mandat. J’ai tenté de défendre cet élu mais je n’ai pas réussi à faire revenir la CPAM sur sa décision. Si l’article 17 avait pu être rétroactif, cela aurait constitué une avancée considérable. Mais ce n’est pas possible – j’avais déposé un amendement en ce sens, qui n’a pas été jugé recevable. Je tiens malgré tout à attirer votre attention sur ce problème ; il est incompréhensible que l’on ait attendu aussi longtemps pour introduire de telles dispositions.
En élargissant ainsi le champ de la réglementation, la mesure perd en pertinence et risque de fragiliser des filières qui ne sont nullement concernées par les problématiques identifiées – en particulier les effets stimulants des mélanges et l’attractivité qu’ils exercent sur les jeunes.
La rédaction adoptée par le Sénat porte une atteinte directe à des productions culturelles et artisanales de nos terroirs, qui n’ont pourtant rien à voir avec les mélanges d’alcool et de boissons énergisantes, dont l’Anses a identifié les risques. Je pense notamment au marc du Jura, aux alcools de fruits, à la gentiane ou encore aux rhums épicés.