Étienne BlancVoici quelques semaines, monsieur le ministre, votre Gouvernement a pris la décision d'interdire aux travailleurs frontaliers de la Suisse de recourir aux contrats d'assurance privée pour garantir leur protection sociale. Ce faisant, avez-vous bien pris conscience, monsieur le Premier ministre, des conséquences de cette décision, notamment pour un certain nombre de travailleurs frontaliers qui sont soignés dans des hôpitaux suisses pour des traitements de longue durée, essentiellement en cancérologie ? Vous allez les obliger à quitter des équipes de médecins, d'infirmiers, qui exercent dans des hôpitaux suisses, pour rejoindre des hôpitaux français. Vous ne leur en avez pas parlé, pas plus qu'à leurs familles ou à la communauté hospitalière.
De plus, vous allez imposer à 150 000 travailleurs frontaliers de trouver un médecin généraliste référent sur le territoire français, dans des zones frontière où il en manque déjà aujourd'hui et où les files d'attente sont longues. Là encore, vous n'en avez parlé ni aux agences régionales de santé, ni aux familles, ni aux médecins. Votre gouvernement, monsieur le ministre, c'est le gouvernement de la brutalité fiscale. C'est aussi le gouvernement de la brutalité sociale.
En raison de votre politique, ces 150 000 travailleurs frontaliers ressentent une inquiétude profonde. Comme vous l'avez fait pour l'écotaxe, vous seriez bien inspiré, monsieur le Premier ministre, de renoncer à cette mesure et de discuter, de parler, d'échanger et d'écouter les travailleurs frontaliers de la République.