Jean-Louis BorlooMonsieur le Premier ministre, le groupe UDI, comme, j'imagine, l'ensemble de nos collègues, souhaite s'associer à l'hommage que le président de notre assemblée vient de rendre à Ghislaine Dupont et Claude Verlon, assassinés en reportage à Kidal.
Nous voulons dire à leurs familles, à leurs enfants, à leurs proches que, de toutes parts, leur professionnalisme, leur gentillesse, leurs qualités personnelles sont unanimement reconnus et rappelés.
Nous voulons dire à leurs familles l'émotion qui nous submerge tous aujourd'hui. Permettez-moi d'associer à cette émotion la mémoire d'Yves Debay, Olivier Voisin, Rémi Ochlik, Gilles Jacquier et Jean Hélène.
Cette émotion vient de loin : des quarante-cinq journalistes morts depuis 2013 dans l'exercice de leur vocation, et des 183 autres qui sont aujourd'hui enfermés dans des geôles à travers le monde. Elle vient aussi de nos compatriotes sortis de ces terribles épreuves, et qui en conservent à jamais dans leur chair une blessure irréparable.
Cette fatalité aveugle a un nom. Elle s'appelle servitude, car elle est l'arme de ceux qui n'aiment pas la liberté. Elle est cette force sombre où toutes les lumières de la pensée s'éteignent, où le chemin de l'émancipation des peuples se termine par l'enfermement et parfois par un seul éclair dans cette nuit profonde, celle d'un coup de feu qui vient abattre la liberté.
Le journalisme est une façon de saisir dans l'éphémère l'essentiel, c'est le médiateur d'opinions éclairées, si indispensables à l'exercice de la démocratie, c'est une lampe qui éclaire toutes les routes et toutes les consciences du monde. Le journaliste n'est pas seulement un commentateur, il est profondément l'ennemi des ennemis de la liberté.
Nous pensons, monsieur le Premier ministre, aux sept otages Serge Lazarevic, Gilberto Rodriguez Leal, Francis Collomp, Didier François, Édouard Élias, Nicolas Hénin, Pierre Torres, et nous ne doutons pas que vous faites tous les efforts nécessaires pour les ramener à leurs proches.