Pierre Moscovici, ministre de l'économie et des finances. Monsieur le député, pour ce qui est du passage de la note de la France de AA+ à AA, je veux d'abord souligner que cette note reste effectivement l'une des plus élevées des pays de la zone euro et qu'elle est, par ailleurs, assortie d'une perspective stable, ce qui permet aux investisseurs de continuer à faire confiance à la France. Ainsi, trois jours après le changement de note, les taux d'intérêt de la France n'ont pas bougé, ni par rapport à ceux relevés la veille de la modification, ni par rapport à ceux de notre grand partenaire allemand – depuis mai 2012, notre écart de taux avec l'Allemagne s'est d'ailleurs réduit de 90 points de base.
Si les investisseurs font confiance à la France, c'est parce que notre pays est doté d'infrastructures et de services publics de qualité, d'un modèle social enviable, d'une main-d'œuvre productive et bien formée – bref, parce que c'est la cinquième économie du monde !
Sans aller jusqu'à affirmer, comme le fait M. Krugman – que je respecte pleinement –, que la France est victime d'un complot, je dois dire que les critiques qui ont été formulées à l'encontre de notre pays sont excessives et inexactes, et que l'on a considérablement sous-estimé la portée et l'efficacité des réformes qui ont été menées.
Nous avons réduit les déficits publics – que nous avaient légués ceux-là mêmes qui, aujourd'hui, osent malgré tout chantonner sur cet air – et nous poursuivons notre action en y adjoignant deux dimensions supplémentaires – celle des économies et celle de la compétitivité –, dans un objectif de lutte contre le chômage. C'est la seule politique qui vaille pour redresser le pays, et nous continuerons à creuser ce sillon avec ambition !