Bruno Le RouxHier, la représentation nationale, l'opposition, la majorité, le Gouvernement, vous-même, monsieur le Premier ministre, ont su trouver les mots pour condamner les actes odieux qui salissent notre République. Et pourtant, hier, ce même jour, un hebdomadaire d'extrême droite a fait paraître une « une » visant, une fois encore, la garde des sceaux. Je veux condamner, avec solennité, ceux qui ont cru pouvoir publier ces lignes à caractère raciste, ces lignes qui suintent la haine de ceux qui ont toujours rejeté notre République, ces lignes qui suscitent notre dégoût. Je veux leur dire qu'ils ne sont pas, qu'ils n'ont jamais été, qu'ils ne seront jamais la France.
Je veux aussi, une fois encore, madame la garde des sceaux, vous dire le respect que nous avons pour votre engagement au service de la justice et de la République. Ce respect, il est bien sûr dû à la fonction que vous occupez. Il est aussi dû à la personnalité exceptionnelle que vous êtes, et que vous mettez au service de la France depuis tant d'années.
Mais, au-delà, c'est à une tentative de déstabilisation de nos institutions et de notre démocratie que nous faisons face. Certains espèrent créer une crise politique pour attaquer le cœur de notre République. Ils veulent prospérer, curieux paradoxe, sur le dénigrement hystérique du pays qu'ils prétendent aimer. En s'attaquant à des élus, en s'attaquant à vous, ils ont franchi un cap dans la haine, qui appelle une réaction de tous les républicains. Ce dont la France a besoin, c'est d'un rassemblement autour des valeurs de la République.
Ce dont la France a besoin, c'est de l'unité de la nation autour de débats républicains qui ne doivent rien céder aux extrémismes. Monsieur le Premier ministre, vous savez que votre majorité ne cédera rien aux factieux. Vous avez saisi le procureur de la République, nous vous en donnons acte. Quelles suites entendez-vous donner à cette affaire ?