Pierre LelloucheMonsieur le ministre des affaires étrangères, il y a quinze jours, je vous avais en effet interrogé sur la négociation de Genève. Vous étiez alors sur une ligne de grande fermeté et l'UMP vous avait apporté son soutien tout en s'inquiétant d'ailleurs de la capacité de la diplomatie française à tenir le cap , malgré l'empressement de certains, je pense aux États-Unis, à signer au plus vite.
Ce week-end, l'accord transitoire a été signé et il appelle de notre part certaines réserves. On apprend d'abord qu'une négociation secrète a eu lieu depuis des mois directement entre Iraniens et Américains, véritable camouflet, un de plus, à la diplomatie française et européenne.
Quant au fond, si l'accord consacre en effet certaines avancées, je pense au renoncement à la filière du plutonium et à l'accroissement des inspections de l'AIEA, il n'en reste pas moins que l'Iran atteint la totalité de ses objectifs.
Objectif numéro un : la reconnaissance d'un droit à l'enrichissement, certes encadré, mais qui n'existe pas dans le traité de non-prolifération. Objectif numéro deux : l'Iran conserve la moitié de son stock d'uranium très enrichi, l'intégralité de ses centrales d'enrichissement et le réacteur plutonigène d'Arak.