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💬sécurité des biens et des personnes
5 déc. 2013
Michel Terrot
sécurité publiquedélinquance et criminalitélutte et prévention
Ministère de l'intérieur
le président

La parole est à M. Michel Terrot, pour le groupe de l'Union pour un mouvement populaire.
Michel Terrot

Monsieur le président, avant de poser ma question, je voudrais dire à Mme Taubira que la façon dont elle répond aux questions posées par les parlementaires de l'opposition est tout à fait inacceptable. Madame, vous avez certes un droit au respect, mais vous avez aussi un devoir de respect, et je déplore d'avoir à vous le rappeler.
le président

S'il vous plaît, reprenez votre calme !
Michel Terrot

Monsieur le Premier ministre, jeudi dernier, Éric Bey, bijoutier à Sézanne, se faisait braquer par Fatihé Mehenni, déjà condamné à dix reprises. On connaît la suite : dans un réflexe de défense, le bijoutier abattait celui qui le menaçait de son arme. Deux vies brisées. Monsieur le Premier ministre, en apprenant ce drame, n'avez-vous pas été interpellé sur les conséquences de votre politique pénale et de votre entreprise de déconstruction systématique des mesures de lutte contre la récidive ?

Quelques jours auparavant, le 21 novembre, à Osny, une bijouterie située dans un centre commercial était également braquée et les malfaiteurs prenaient la fuite avec plusieurs dizaines de milliers d'euros de bijoux. Ces faits sont spectaculaires. Malheureusement, ils tendent à se banaliser tant ils se répètent.
Nicolas Bays

Mystificateur !
Michel Terrot

Dans les zones rurales ou périurbaines, on assiste également à l'augmentation des attaques contre des commerçants, notamment les buralistes ou les boulangers, parfois pour quelques centaines d'euros. Les particuliers ne sont pas épargnés puisqu'on constate une explosion des cambriolages. De surcroît, bien des élus de votre majorité renâclent à développer la vidéosurveillance, ce qui constitue un renoncement et en quelque sorte un désarmement moral.
Jean-Luc Laurent

C'est faux !
Michel Terrot

Monsieur le Premier ministre, quand allez-vous enfin entendre la souffrance de ces commerçants, qui travaillent dur, cotisent beaucoup et ne demandent pas grand-chose …
le président

La parole est à M. le ministre de l'intérieur.
Manuel Valls,
ministre de l'intérieur.
Monsieur le député, je me rendrai à Sézanne vendredi. Mais j'ai en tête, alors que la justice est en train de faire son travail et qu'il faut la laisser le faire dans la sérénité, les mots de ce bijoutier. Évoquant la mort d'un homme, qui est forcément toujours un drame, il demandait – et je crois qu'il s'adressait d'abord à tous les responsables politiques – de ne pas exploiter cette affaire.
Bernard Deflesselles

Alors on ne doit pas en parler ?
Manuel Valls,
ministre .
La dignité de ce bijoutier, qui vit lui-même un drame et qui avait déjà été victime de braquages, doit être prise en considération par chacun. Ce sont des sujets sérieux. Le nombre de cambriolages et de braquages a explosé au cours de ces dernières années. Et plutôt que de polémiquer sur ce sujet, nous devrions essayer, comme je le fais avec les élus et les forces de l'ordre, de mettre en place les dispositifs nécessaires pour s'attaquer à ces faits qui, évidemment, touchent d'abord les bijoutiers, les joailliers, et d'autres catégories de commerçants.
Alain Marty

Arrêtez de donner des leçons !
Manuel Valls,
ministre.
Mais puisqu'il faut mettre les points sur les « i », je terminerai en vous disant que ce matin, en installant la nouvelle promotion de policiers à la préfecture de police de Paris, j'ai rappelé des faits éloquents : 13 700 postes de policiers et de gendarmes ont été supprimés entre 2007 et 2012. Cela a forcément des conséquences sur le terrain. C'est ce gouvernement, respectant en cela un engagement du Président de la République, qui a décidé de remplacer tous les départs à la retraite, de créer quatre cents à cinq cents postes de policiers et de gendarmes par an, et de mettre en place des dispositifs et une collaboration avec les élus et la justice, parce que c'est dans la durée, avec la volonté de s'attaquer aux maux, et dans le rassemblement, que nous serons efficaces contre la délinquance.
Philippe Meunier

Et pendant ce temps, les prisonniers dansent !
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