Isabelle Le CallennecSauf votre respect, ce n'est pas à coup de « chocs », de « pactes » et de « com » que vous calmerez la colère qui s'exprime chaque jour dans toutes les régions de France. Ne voyez-vous pas que la confiance est rompue ?
Il en est ainsi par exemple de ce pacte d'avenir pour la Bretagne, qui suscite tant de critiques de toutes parts, et pour cause. C'est une compilation d'orientations nationales et régionales déjà connues, assorties de financements qui, au mieux, étaient déjà fléchés et, au pire, n'existent pas : rien sur la répartition des moyens, rien sur le calendrier de mise en œuvre, rien sur le pilotage de l'action publique, mais, surtout, si peu de considération pour les contributions concrètes des acteurs socioprofessionnels et encore moins pour le plan ORSEC des députés UMP bretons ici présents – mais, nous, nous en avons l'habitude.
L'avis émis hier par le conseil économique et social de Bretagne devrait sonner comme un avertissement, avec une majorité d'abstentions et de votes contre. Le conseil régional se prononcera à partir de demain. Là encore, vous savez très bien qu'il n'y aura pas unanimité et, pourtant, votre venue à Rennes pour signer le fameux pacte est déjà programmée ce vendredi 13.
Cette méthode du fait accompli est vécue par les agriculteurs, les artisans, les commerçants et les salariés comme un pur déni de démocratie. Ma question est donc simple, monsieur le Premier ministre : allez-vous passer en force ou écouter mais, surtout, entendre ces forces vives qui font la richesse des territoires, proposent une vision de l'avenir et ne demandent qu'à jouer collectif ?