Sophie DessusMonsieur le ministre de l'éducation, depuis la rentrée scolaire, je porte peine, comme on dit chez nous, pour mes collègues situés à droite de l'hémicycle : je les sens perturbés, angoissés au point de vous poser, semaine après semaine, toujours les mêmes questions : comment appliquer les nouveaux rythmes scolaires ? Le coût sera-t-il supportable pour les communes ? Nos petits ne seront-ils pas trop fatigués ?
La seule réponse à ce désarroi, c'est que le vrai problème de l'école, celui que nous nous devons de résoudre, n'est pas là ! Si, hier, l'école de la République a offert à tous les enfants, y compris ceux des milieux les plus défavorisés, le moyen d'accéder aux plus hautes responsabilités, aujourd'hui, la société a tellement changé que le beau rêve d'hommes et de femmes que l'école rendrait libres et égaux est à réenchanter.
Dès que la classe est finie, il y a les enfants dont les parents s'occupent, ceux qui les emmènent à la bibliothèque, au cinéma, au concert, au musée, ceux qui leur apprennent à aimer leur pays et sa culture. Et puis il y a tous les autres, ceux dont les parents n'ont pas les moyens de jouer ce rôle, et qui n'ont pour tout horizon que TF1 et Coca-Cola !
Face à cette injustice, les nouveaux rythmes scolaires sont là pour rétablir l'égalité des chances, à la campagne comme en ville. Et ce n'est pas si compliqué à mettre en place : quelques séances de travail réunissant élus, enseignants, parents, et surtout le monde associatif, dont chacune de nos communes rurales est si riche, suffisent à préparer un projet où culture, sciences et savoir se mêlent à la création.
Et ce n'est pas un coût, c'est un investissement !