Valérie LacrouteMonsieur le Premier ministre, la colère continue de monter.
Il suffisait d'écouter, samedi dernier, les slogans scandés par les familles qui manifestaient dans les rues de ma commune contre la réforme des rythmes scolaires.
Écoutez : « Pour ou contre, de toute façon, c'est nous qui payons ! » « Nos enfants ne sont pas des cobayes ! » « Je ne suis pas un rythme, mais un élève ! » « TAP mal organisés, enfants fatigués ! » « Rythme à rien ! » « Peillon, range ton brouillon ! »
Une fois de plus, monsieur le Premier ministre, parents d'élèves, enseignants et maires de toutes tendances politiques se sont retrouvés pour dénoncer une réforme que votre ministre de l'éducation nationale nous impose.
Cette réforme est ratée. Les maires sont déstabilisés, les enseignants désemparés, les syndicats déconcertés, les animateurs déroutés, les parents en colère et, cerise sur le gâteau, les enfants fatigués !
Cette réforme accentue les inégalités sur les territoires. Les communes qui l'ont engagée en 2013, les trois quarts par complaisance politique, déchantent aujourd'hui. Faute de moyens financiers, elles obligent les familles à mettre la main à la poche pour les TAP, les temps d'activité péri-éducatifs.
Dans les communes qui devront appliquer cette réforme en 2014, ce sont des problèmes de financement, de recrutement, de locaux qui se posent. Encore une fois, vous faites payer l'addition de vos réformes aux Français, qui paient déjà beaucoup d'impôts.
Monsieur le Premier ministre, pouvez-vous me répondre aujourd'hui ? Qu'en sera-t-il en 2015, après la disparition du fonds d'amorçage ? Monsieur le Premier ministre, pouvez-vous me répondre ? Quelle sanction allez-vous imposer aux maires, si nous ne mettons pas en place cette réforme en septembre 2014 ?