Jean-Charles TaugourdeauMonsieur le Premier ministre, les agriculteurs sont des entrepreneurs, des chefs d'entreprise, des employeurs qui travaillent sept jours sur sept. Alors qu'ils devraient être dans leurs champs à surveiller et diriger leurs cultures, dans leurs fermes à soigner et élever leurs animaux, ils sont transformés en secrétaires aux ordres de l'administration. Ils passent plus de temps avec un stylo pour obtenir l'autorisation de travailler que sur leur tracteur.
Simplifier, c'est d'abord et avant tout laisser les Français travailler. Allez sur le terrain ! Vous comprendrez qu'un agriculteur ne peut cultiver ses terres si elles sont inondées ou mal drainées. Les décrets actuels obligent la police de l'eau à interdire aux agriculteurs, au nom du code de l'environnement, d'entretenir un fossé ou un petit cours d'eau bouché. L'autorisation de déboucher dépend du résultat d'une étude qui peut durer deux ans…
Grâce à nos agriculteurs, la France est magnifique. Ils l'aiment et font de notre pays le premier pays touristique au monde. Laissez-les vivre de leur travail. Pour cela, laissez-les travailler !
La loi sur l'eau de 2006 mérite, à la lumière de l'expérience déjà vécue, des ajustements urgents. Plus que tous les autres, les agriculteurs subissent le coût du travail, le code du travail, le code de l'environnement. Ce sont des chefs d'entreprise qui ne peuvent maîtriser ni leurs coûts de production, ni leur prix de vente. Ils subissent les aléas de la météo plus que tout autre entrepreneur. Quand allez-vous remplacer les normes qui les étouffent par de la confiance en leur expertise, leur professionnalisme, leur bon sens ?