Claude SturniMa question s'adresse à M. le Premier ministre. La jeunesse de France doute. Elle doute de votre volonté de tout faire pour lui préparer un avenir meilleur. Vous gesticulez pour encadrer les stages, au risque de décourager les entreprises d'offrir une expérience probante à nos jeunes. Cela ne fait pas une politique de l'emploi pour les jeunes.
Au contraire, avec les mauvais coups que vous avez portés au financement de l'apprentissage, vous êtes en train de faire reculer ce mode particulièrement efficace d'insertion sur le marché du travail : 80 % des jeunes en alternance trouvent un emploi dans les six mois suivant leur qualification ! Or le nombre de contrats conclus a chuté de 8 % en 2013 : moins 27 000 nouveaux contrats !
Vous vous échinez à relativiser, usant d'une statistique selon laquelle le nombre global d'apprentis n'aurait reculé que de 2 %, mais vous ne trompez ni les chefs d'entreprise ni les jeunes !
Tout cela a une cause : le siphonnage des crédits de l'apprentissage pour financer vos emplois d'avenir, qui ne sont ni vraiment des emplois ni vraiment un avenir, alors que l'apprentissage est la garantie de l'emploi pérenne.
Dans une période où nous sommes à la traîne de l'Allemagne sur le plan de la croissance et de l'emploi, n'est-il pas temps de miser, comme eux, sur l'apprentissage ?
Député de l'Alsace du nord, je salue le dispositif innovant de la région Alsace qui permet à nos jeunes d'effectuer leur alternance dans une entreprise allemande ou suisse du Rhin supérieur. Mais en même temps, je me désole que nous ayons perdu en partie la capacité de former chez nous tous ces jeunes.
Alors, n'est-il pas temps de simplifier l'environnement des entreprises, au lieu de leur ajouter encore contraintes et quotas, de leur redonner les moyens de former notre jeunesse ? N'est-il pas temps de faire confiance aux acteurs qui, de l'agriculture au commerce et aux services, de l'artisanat à l'industrie, peuvent mener chaque année des centaines de milliers de jeunes à une insertion réussie ?