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🧭Gouvernement Valls
















le président

La parole est à M. Luc Chatel.
Luc Chatel

Monsieur le Premier ministre, vos artifices de communication ne changeront rien  : vous avez subi hier un revers sans précédent sous la Ve République.
le président

S'il vous plaît.
Luc Chatel

Vous n'avez plus de majorité à l'Assemblée nationale puisque seuls 46 % des députés soutiennent aujourd'hui votre action. Ceux qui vous ont fait défaut hier, monsieur le Premier ministre, ce ne sont pas des députés communistes ou des députés écologistes, ils vous ont quitté depuis longtemps.
Julie Sommaruga et Mme Brigitte Bourguignon

Et que se passe-t-il, à l'UMP ?
Luc Chatel

Ce sont quarante et un députés membres du groupe parlementaire du parti du Président de la République.

Mes chers collègues socialistes, votre désarroi est compréhensible. Vous avez été élus sur le discours du Bourget, où François Hollande promettait la guerre à la finance. Vous devez justifier aujourd'hui dans vos circonscriptions le gel des pensions et le matraquage fiscal des classes moyennes.
Christian Paul

Facilité !
Luc Chatel

Monsieur le Premier ministre, vous avez promis la vérité aux Français. Mais la vérité, concernant les retraites, c'est que vous préférez geler les pensions et donc faire baisser le pouvoir d'achat des retraités parce que vous avez abaissé l'âge de départ en retraite.
Laure de La Raudière

Eh oui !
Luc Chatel

S'agissant des fonctionnaires, vous préférez moins les rémunérer, en gelant leur traitement, parce que vous voulez créer 60 000 postes supplémentaires.
Michel Vergnier

C'est vous qui avez détruit l'éducation nationale !
Bernard Roman et M. Michel Ménard

Absolument !
le président

S'il vous plaît ! Monsieur Roman, monsieur Durand, un peu de calme.
Luc Chatel

S'agissant des collectivités territoriales, vous demandez 11 milliards d'euros d'économies, mais vous envoyez immédiatement une facture d'un milliard pour les rythmes scolaires !

S'agissant d'Alstom, monsieur le Premier ministre, vous feignez d'organiser une solution européenne alors que derrière votre dos, le conseil d'administration d'Alstom a déjà choisi General Electric ! Enfin, s'agissant des finances publiques, vos 50 milliards d'euros ne sont pas des baisses de dépenses, mais des annulations ou des amoindrissements de hausses de dépenses…
le président

Merci. La parole est à M. le ministre des finances et des comptes publics.
Michel Sapin,
ministre des finances et des comptes publics.
Monsieur le ministre Chatel – car il est une époque où vous avez exercé de telles responsabilités  – vous connaissez bien la situation de la France. Vous savez que lorsque vous étiez ministre de l'éducation nationale, le point d'indice était gelé et les effectifs diminuaient.
Jean-Claude Perez

Fossoyeur de l'éducation nationale !
le président

M. Pérez…
Michel Sapin,
ministre.
Vous savez que la France doit relever un certain nombre de défis qui ne datent pas d'aujourd'hui, d'il y a deux ans ou d'il y a quatre ans, mais qui sont le résultat d'un processus continu de dégradation, depuis plus de dix ans, de la situation de notre économie. C'est de cela, monsieur le ministre, que je vous appelle à débattre avec le sérieux nécessaire.
Pascal Terrasse

Il faut faire preuve de responsabilité.
Michel Sapin,
ministre.
Certes, il y a des désaccords possibles. Il peut y avoir des points de vue différents, des propositions différentes. Mais devant la situation de la France, devant cette dégradation continue depuis dix ans, je pense que le mieux est d'éviter des querelles de caractère politicien.
Pascal Terrasse

Bien sûr !
Michel Sapin,
ministre.
Que s'est-il passé hier ? Le Parlement a adopté dans sa majorité un plan sur trois ans pour redonner à nos entreprises des capacités d'investissement et d'emploi. C'est une bonne chose pour la France. Il a confirmé sa position selon laquelle on ne peut pas vivre avec une dette qui ne cesse d'augmenter. Comme vous le savez, elle a fortement augmenté lorsque vous étiez ministre.
Patrick Devedjian

L'année dernière aussi.
Michel Sapin,
ministre.
Il faut donc stopper cette hausse et diminuer nos déficits. C'est cela que le Parlement a adopté clairement et fermement. Il a aussi adopté un plan d'économies, parce que nous ne voulons pas financer cet ensemble par des hausses d'impôt. Vous savez ce que sont les hausses d'impôt, il y en a eu de fortes lorsque vous étiez ministre.
Yves Fromion

Vous aussi.
Michel Sapin,
ministre.
Nous ne voulons pas procéder ainsi. Nous voulons procéder par des baisses de dépenses et par des économies. Voilà ce qui a été adopté hier dans la clarté, la sérénité, la sécurité et la visibilité. C'est ce que demandent les Français et ceux qui nous observent.
Plusieurs députés du groupe UMP
Personne n'y croit !
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