Alain SuguenotMa question s'adresse à M. le ministre de l'éducation nationale, mais je commencerai par lui livrer une information : il est en contradiction avec le rectorat de Nantes pour ce qui concerne le port de la jupe pour les garçons – nous tenons à sa disposition la lettre du rectorat !
Monsieur le ministre, malgré vos réponses prétendument rassurantes concernant les nouveaux rythmes scolaires, tout ne va pas bien, et tout le monde n'est pas content. Les Français ne sont pas dupes de l'incohérence de cette réforme. Il existe de vraies difficultés sur le terrain que vous ne pouvez ignorer. Votre réforme apparaît de plus en plus comme une réforme de citadin qui ignore les zones rurales. Vous prétendez que plus de 90 % des communes y seraient aujourd'hui favorables, mais vous savez pertinemment qu'il n'en est rien ! Comment pourrait-il en être autrement puisque votre prédécesseur, M. Peillon, a imposé une réforme bâclée, sans concertation, sur un sujet aussi important ?
Votre nouveau décret, publié un jour férié, qui a pour mission d'assouplir, aboutit en fait à ignorer totalement l'intérêt de nos enfants, raison même de la réforme. Si nous voulons qu'elle puisse être applicable, notamment dans les zones rurales, il est nécessaire de maintenir les six heures journalières, ce qui aboutit de fait à ce que nos enfants soient présents à l'école durant cinq jours d'affilée. La plupart des communes optent pour la concentration des trois heures d'activités périscolaires le mercredi après-midi. Résultat : plus de pause hebdomadaire et une fatigue accrue pour nos petites têtes blondes. Vous ne vous préoccupez pas, je le sais bien, de l'intérêt des enfants !
N'aurait-il pas mieux valu que nous rétrécissions les vacances, alors même que votre prédécesseur a commencé par doubler les vacances de la Toussaint ? L'absence de concertation sur un sujet aussi important démontre, s'il en était encore besoin, le dogmatisme dont le Gouvernement a fait preuve.
Ma question est simple, monsieur le ministre. Il n'est jamais trop tard pour bien faire ; de nombreux élus refusent d'appliquer votre décret. Ne pensez-vous pas que le délai du 6 juin soit beaucoup trop court, alors que de nouvelles équipes sont à peine en place dans nos communes ? Un temps supplémentaire est naturellement nécessaire pour que nous pensions – enfin – à l'avenir de l'école. Monsieur le ministre, permettez-moi de vous rappeler le principe qui veut que les collectivités s'administrent librement par des conseils élus et disposent d'un pouvoir réglementaire pour l'exercice de leurs compétences, principe édicté par l'article 72 de la Constitution !