Jean-Christophe LagardeMa question s'adresse au Premier ministre. Hier, sur les Champs-Élysées, lors du traditionnel défilé, quelques dizaines de nos compatriotes ont sifflé, hué, conspué le chef de l'État à son passage. Je veux être très clair : le groupe UDI désapprouve de tels comportements ; la cérémonie visant à rendre hommage à nos armées n'est évidemment pas le moment approprié pour ce type de manifestations, aussi légitime soit la désapprobation de l'action du chef de l'État.
Pour autant, monsieur le Premier ministre, se pose la question de la réaction des forces de l'ordre : trente et une interpellations ont eu lieu sur les Champs-Élysées. Sur la base de quelle loi interpelle-t-on et embastille-t-on ainsi, le 14 juillet, des citoyens qui manifestent leur sentiment et leur opinion ?
Le trouble à l'ordre public ? Le trouble à l'ordre public est patent lorsque des manifestants, protestant contre la situation à Gaza, cherchent à pénétrer de force dans un lieu de culte, en l'occurrence des synagogues. Cela a donné lieu à neuf interpellations.
Par contre, s'agissant des personnes interpellées lors des cérémonies du 14-Juillet, je ne vois pas de délit. Ce n'est d'ailleurs pas la première fois : le 11 mars 2013, un simple citoyen, qui était sur le passage du chef de l'État, était embarqué de force par deux fonctionnaires de police, au prétexte qu'il avait demandé au Président de la République, devant des caméras de télévision : « Où sont vos promesses, monsieur le Président ? »
Je le répète, monsieur le Premier ministre, je n'attends pas de vous des déclarations d'intentions ou de désapprobation, car nous les partageons. En revanche, je voudrais savoir précisément ce qui motive ces arrestations, qui semblent bien arbitraires. Quel délit a été reproché à ces personnes pour qu'elles soient ainsi embarquées et momentanément privées de liberté ? Quelles instructions ont été données en la matière aux forces de l'ordre ? Que feriez-vous si, demain, le Stade de France se permettait de siffler le chef de l'État ? Enfin, quelle aurait été votre réaction si de telles arrestations avaient eu lieu sous le précédent Président de la République ?