Aurélie Filippetti, ministre de la culture et de la communication. Monsieur le député, la « ferme aux avions » de Steenwerck est un témoignage d'art brut conçu par les frères Vanabelle et menacé à court terme de disparition en raison de son état sanitaire, ce qui serait extrêmement dommage. Beaucoup d'utilisateurs de l'autoroute A25 Lille-Dunkerque, qui jouxte cette propriété, sont attachés à ce décor, et la sauvegarde de cet ensemble laissé à l'abandon est un sujet d'inquiétude.
Cette forme artistique originale mérite tout autant d'attention que les formes plus traditionnelles du patrimoine. Le patrimoine ne se limite en effet pas aux cathédrales et aux châteaux : même si nous portons à ces derniers une grande attention, en leur faisant une place toute particulière dans notre politique du patrimoine, les édifices plus originaux comme la ferme aux avions y ont eux aussi toute leur place. L'État et, plus généralement, les collectivités publiques doivent être en mesure d'assurer la protection de ces formes plus contemporaines du patrimoine, et cela vaut autant pour l'œuvre des frères Vanabelle que pour l'architecture contemporaine, qu'une disposition du projet de loi sur les patrimoines permettra de mieux protéger, ainsi que le patrimoine industriel.
Plusieurs réunions de travail associant la directrice régionale des affaires culturelles, le maire de Steenwerck, le musée de la vie rurale de Steenwerck, le musée d'art moderne de Lille Métropole et la Fondation du patrimoine se sont tenues sur le sujet. Elles ont permis, d'une part, de répertorier, photographier et décrire au moyen d'une maquette l'œuvre des frères Vanabelle et, d'autre part, de disposer d'une estimation financière pour des travaux de stricte sauvegarde et de consolidation, l'objectif partagé étant de maintenir les œuvres in situ dans le cadre d'un projet à définir mais auquel participe activement l'ensemble des acteurs de ce dossier.
Les projets culturels qui pourraient émerger seront examinés avec attention par les services de la direction régionale des affaires culturelles du Nord-Pas-de-Calais, avec l'accompagnement du ministère de la culture au niveau centralisé. Si un projet consensuel entre l'ensemble des acteurs se dessine, il pourra illustrer notre volonté partagée de protéger les formes contemporaines de la création, qui trouvent elles aussi toute leur place au sein de notre patrimoine. La ferme aux avions en serait un bel exemple.