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📜Proposition de loi visant à mieux indemniser les dégâts sur les biens immobiliers causés par le retrait-gonflement de l'argile
Sandrine Rousseau
16 févr. 2023

🖋️Amendements examinés : 100%
20 Adoptés14 Irrecevables
8 Rejetés
1 Tombés
Liste des Amendements
Article 1
🖋️Adopté
Sandrine Rousseau
28 mars 2023
Avant l'article premier, insérer l'article suivant:

Le quatrième alinéa de l’article L. 125‑1 du code des assurances est complété par une phrase ainsi rédigée : « Lorsque l’état de catastrophe naturelle n’est pas reconnu, la décision de refus de reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle est motivée de façon claire, détaillée et compréhensible et mentionne les voies et délais de recours ainsi que les règles de communication des documents administratifs, notamment des rapports d’expertise ayant fondé cette décision, dans des conditions fixées par décret. »

🖋️Adopté
Sandrine Rousseau
28 mars 2023

Rédiger ainsi l’alinéa 2 :

 « Aux fins de constat de l'état de catastrophe naturelle de sécheresse, l’arrêté interministériel mentionné au quatrième alinéa est pris notamment sur le fondement des variations d’humidité du sol sur le terrain, caractérisant le cycle de retrait-gonflement des argiles sur les zones concernées. »

🖋️Adopté
Sandrine Rousseau
28 mars 2023

À la première phrase de l’alinéa 3, substituer au mot :

« caractérisation » 

le mot :

« constatation ».

🖋️Adopté
Sandrine Rousseau
28 mars 2023

À la première phrase de l’alinéa 3, substituer aux mots :

« qui la précèdent » 

le mot :

« précédentes ».

🖋️Adopté
Sandrine Rousseau
28 mars 2023

À la seconde phrase de l'alinéa 3, substituer au mot :

« constaté »,

le mot :

« reconnu »

🖋️Adopté
Sandrine Rousseau
28 mars 2023

Compléter la seconde phrase de l’alinéa 3 par les mots :

« pour l’ensemble de la commune, qu’elle soit située sur une seule ou plusieurs mailles géographiques. »

🖋️Rejeté
Pierrick Berteloot
25 mars 2023
Avant l'article premier, insérer l'article suivant:

Le premier alinéa de l’article L. 125‑1 du code des assurances est complété par une phrase ainsi rédigée :

« Pour les biens à usage d’habitation et les autres biens à usage non professionnel, ils ne peuvent prévoir la fixation d’une franchise spécifique plus élevée pour les dommages imputables aux mouvements de terrain différentiels consécutifs à la sécheresse ou à la réhydratation des sols. »

🖋️Rejeté
Sandra Marsaud
25 mars 2023

Supprimer cet article. 

🖋️Irrecevable
Frédéric Mathieu
24 mars 2023

I. – Avant l’alinéa 1, insérer l’alinéa suivant :

« I. – À la première phrase du troisième alinéa de l’article L. 125‑1 du code des assurances, après le mot « déterminante », sont insérés les mots : « les effets du dérèglement climatique ou » ».

II. – Par conséquent, faire précéder l’alinéa 1 par « II. – ».

🖋️Rejeté
Charles de Courson
23 mars 2023

Rédiger ainsi l’alinéa 3 :

« La caractérisation de l’état de catastrophe naturelle de sécheresse se fait selon une méthodologie dont les modalités sont définies par décret et qui tient compte de l’indicateur d’humidité des sols superficiels. L’état de catastrophe naturelle de sécheresse est constaté dès lors que l’indicateur d’humidité des sols présente une durée de retour supérieure ou égale à quinze ans. »

🖋️Rejeté
Sandrine Rousseau
28 mars 2023

Après la première phrase de l’alinéa 3, insérer les deux phrases suivantes :

« Le critère de la variation de l’humidité des sols est apprécié pour chacune des quatre saisons d’une année civile. L’autorité administrative compare cet indicateur d’humidité des sols superficiel établi pour un mois donné avec les indicateurs établis pour ce même mois au cours des cinquante dernières années. »

🖋️Irrecevable
Charles de Courson
23 mars 2023

À la seconde phrase de l’alinéa 3, substituer au mot :

« dixième » 

le mot :

« quinzième ».

🖋️Irrecevable
Charles de Courson
23 mars 2023

Compléter la seconde phrase de l’alinéa 3 par les mots :

 « pour l’ensemble des mailles géographiques de la commune. »

🖋️Irrecevable
Charles de Courson
23 mars 2023

Compléter cet article par l’alinéa suivant :

« L’assuré doit déclarer à l’assureur ou à son représentant local tout sinistre susceptible de faire jouer la garantie dès qu’il en a connaissance dans un délai défini par voie réglementaire et d’au moins trente jours suivant la publication de l’arrêté́ interministériel constatant l’état de catastrophe naturelle. »

🖋️Irrecevable
Élise Leboucher
24 mars 2023
Après l'article premier, insérer l'article suivant:

À la deuxième phrase du troisième alinéa de l’article L. 125‑1 du code des assurances, les mots « d’urgence » sont supprimés

🖋️Irrecevable
Pierrick Berteloot
25 mars 2023
Après l'article premier, insérer l'article suivant:

La deuxième phrase du troisième alinéa de l’article L. 125‑1 du code des assurances est complétée par les mots : « , ainsi que les frais inhérents à la mise à l’abri des biens meubles des personnes sinistrées due à une évacuation du logement principal rendu impropre à l’habitation. »

🖋️Irrecevable
Pierrick Berteloot
25 mars 2023
Après l'article premier, insérer l'article suivant:

L'article L. 125-1 du code des assurances est complété par un alinéa ainsi rédigé :

« Les moyens de mesures pluviométriques nécessaires à la constatation d’un épisode de sécheresse-réhydratation des sols sont mis en place sur l’ensemble du territoire par les collectivités territoriales dans des conditions définies par décret. »

🖋️Irrecevable
Pierrick Berteloot
25 mars 2023
Après l'article premier, insérer l'article suivant:

I. – La deuxième phrase du troisième alinéa de l’article L. 125‑1 du code des assurances est complétée par les mots : « , ainsi que les frais de relogement des personnes sinistrées dus à une évacuation du logement principal rendu impropre à l’habitation. »

II. – La perte de recettes pour l’État est compensée à due concurrence par la création d’une taxe additionnelle à l’accise sur les tabacs prévue au chapitre IV du titre Ier du livre III du code des impositions sur les biens et services.

🖋️Rejeté
Pierrick Berteloot
25 mars 2023
Après l'article premier, insérer l'article suivant:

Après la première phrase du quatrième alinéa de l’article L. 125‑2 du code des assurances, est insérée une phrase ainsi rédigée : « Lors de la première expertise, l’assureur informe l’assuré de sa possibilité de se faire assister par un expert d’assuré dont les honoraires sont pris en charge par l’assureur. »

🖋️Irrecevable
Pierrick Berteloot
25 mars 2023
Après l'article premier, insérer l'article suivant:

La onzième phrase du quatrième alinéa de l’article L. 125‑2 du code des assurances est ainsi rédigée :

« La garantie couvre le coût des dommages matériels directs et indirects non assurables subis par les biens lors de la première manifestation du risque, à concurrence de leur valeur fixée au contrat et dans les limites et conditions prévues par le contrat. »

🖋️Rejeté
Pierrick Berteloot
25 mars 2023
Après l'article premier, insérer l'article suivant:

Le quatrième alinéa de l’article L. 125‑2 du code des assurances est complété par une phrase ainsi rédigée : « Les honoraires de l’expert engagé par l’assuré aux fins de cette contre-expertise sont pris en charge par l’assureur. »

🖋️Irrecevable
Pierrick Berteloot
25 mars 2023
Après l'article premier, insérer la division et l'intitulé suivants:

La onzième phrase du quatrième alinéa de l’article L. 125‑2 du code des assurances est supprimée.


Article 2
🖋️Adopté
Sandrine Rousseau
28 mars 2023

Rédiger ainsi l’alinéa 1 :

« Après l’article L. 125‑2 du code des assurances, il est inséré deux articles L. 125‑2‑1 A et L. 125‑2‑1 B ainsi rédigés : »

🖋️Adopté
Sandrine Rousseau
28 mars 2023

Rédiger ainsi l’alinéa 2 :

« « Art. L. 125‑2‑1 A. – Lorsque l’état de catastrophe naturelle de sécheresse est reconnu : ».

🖋️Adopté
Sandrine Rousseau
28 mars 2023

Au début de l’alinéa 3, substituer aux mots :

« Tout dommage »

les mots :

« Les dommages ».

🖋️Adopté
Sandrine Rousseau
28 mars 2023

À l’alinéa 3, substituer au mot :

« défini »,

le mot :

« définis ».

🖋️Adopté
Sandrine Rousseau
28 mars 2023

À l’alinéa 3, substituer aux mots :

« fait l’objet d’une présomption réfragable selon laquelle ledit dommage a »,

les mots :

« sont présumés avoir ».

🖋️Adopté
Sandrine Rousseau
28 mars 2023

Rédiger ainsi l’alinéa 4 :

 « 2° L’expertise pouvant être demandée par l’assureur en application de l’article L. 125-2 doit obligatoirement contenir une étude de sol de type G5. L’assureur informe également l’assuré de la possibilité pour ce dernier de se faire assister par un expert d’assuré aux fins de contre-expertise. Les honoraires de cet expert d’assuré sont pris en charge par l’assureur. »

🖋️Adopté
Sandrine Rousseau
28 mars 2023

À l’alinéa 5, substituer au mot :

« arrêté »

les mots :

« état de ».

🖋️Adopté
Sandrine Rousseau
28 mars 2023

Compléter cet article par les quatre alinéas suivants :

« « Art. L. 125‑2‑1 B. - Les experts chargés d’établir le lien entre les dommages et les mouvements de terrain différentiels peuvent obtenir le label »Expert retrait-gonflement des argiles« , dit »Expert RGA« , agréé. Ce label certifie que ces experts ont reçu une formation spécifique relative au phénomène de retrait-gonflement des argiles.

« « Les modalités d’octroi de ce label, et notamment les obligations de formation, sont fixées par décret.

« « Les entreprises chargées de réaliser les travaux de remise en état des bâtiments ayant subi des dommages liés aux mouvement de terrain différentiels peuvent obtenir le label »Entreprise de remise en état retrait-gonflement des argiles« , dit »Entreprise de remise en état RGA« , agréé . Ce label certifie que l’entreprise dispose d’une expertise spécifique relative à ces travaux.

« « Les modalités d’octroi de ce label sont fixées par décret. »

🖋️Adopté
Sandrine Rousseau
28 mars 2023
Après l'article 2, insérer l'article suivant:

Le septième alinéa de l’article 1er de l’ordonnance n° 2023‑78 du 8 février 2023 relative à la prise en charge des conséquences des désordres causés par le phénomène naturel de mouvements de terrain différentiels consécutifs à la sécheresse et à la réhydratation des sols est complété par une phrase ainsi rédigée : « Dans le cas où les dommages consécutifs aux mouvements de terrain différentiels rendent le bâti inhabitable, cette indemnité peut également être utilisée par l’assuré pour se faire construire ou acquérir un nouveau logement. ».

🖋️Adopté
Sandra Marsaud
25 mars 2023
Après l'article 2, insérer l'article suivant:

Dans un délai de six mois à compter de la promulgation de la présente loi, le Gouvernement remet au Parlement un rapport évaluant l’incidence financière des dispositions de la présente loi. Celui-ci présentera à la fois des propositions de réforme afin de s’assurer de la soutenabilité financière du régime des catastrophes naturelles et des pistes de financement assurantiel.

🖋️Adopté
Sandrine Rousseau
28 mars 2023
Après l'article 2, insérer l'article suivant:

Dans les six mois à compter de la promulgation de la présente loi, le Gouvernement remet au Parlement un rapport pour évaluer les conséquences de l’allongement du délai durant lequel l’assuré peut déclarer un sinistre à l’assureur suivant la publication de l’arrêté interministériel constatant l’état de catastrophe naturelle.

🖋️Adopté
Michel Castellani
23 mars 2023
Après l'article 2, insérer l'article suivant:

Dans un délai de deux mois à compter de la promulgation de la présente loi, le Gouvernement remet au Parlement un rapport sur la prévention du risque sécheresse-réhydratation des sols.

🖋️Adopté
Fabien Di Filippo
22 mars 2023
Après l'article 2, insérer l'article suivant:

Dans un délai de six mois à compter de la promulgation de la présente loi, le Gouvernement remet au Parlement un rapport sur l’opportunité d’élargir les possibilités de recours des sinistrés et des élus locaux vis-à-vis de l’État et des assurances, particulièrement lorsque l'état de catastrophe naturel n'a pas été prononcé.

🖋️Adopté
Véronique Louwagie
24 mars 2023
Après l'article 2, insérer l'article suivant:

Au plus tard le 31 août 2023, le Gouvernement remet au Parlement un rapport sur l'opportunité de mobiliser le fonds de prévention des risques naturels majeurs, dit « fonds Barnier », pour financer les expérimentations de techniques de prévention du risque de retrait gonflement de l'argile en vue de leur généralisation. 

🖋️Rejeté
Pierrick Berteloot
25 mars 2023

Compléter l’alinéa 4 par la phrase suivante :

« Pour réaliser l’expertise, l’assureur est tenu de mandater un expert reconnu par un organisme d’État inscrit sur les listes des cours d’appel et des cours administratives d’appel. »

🖋️Irrecevable
Pierrick Berteloot
25 mars 2023
Après l'article 2, insérer l'article suivant:

I. – L’article 1389 du code général des impôts est complété par un alinéa ainsi rédigé :

« IV. – Les contribuables peuvent obtenir le dégrèvement de la taxe foncière sur leur logement principal si ce denier est rendu impropre à l’habitation, en tout ou en partie, en cas de sinistres liés aux mouvements de terrain différentiels consécutifs à la sécheresse-réhydratation des sols. »

II. – La perte de recettes pour les collectivités territoriales est compensée à due concurrence par la majoration de la dotation globale de fonctionnement et, corrélativement pour l’État, par la création d’une taxe additionnelle à l’accise sur les tabacs prévue au chapitre IV du titre Ier du livre III du code des impositions sur les biens et services.

🖋️Rejeté
Frédéric Mathieu
24 mars 2023
Après l'article 2, insérer l'article suivant:

Dans un délai de six mois à compter de la promulgation de la présente loi, le Gouvernement remet au Parlement un rapport évaluant la pertinence des critères de reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle en cas de sinistres provoqués par des mouvements de terrain différentiels consécutifs à la sécheresse et à la réhydratation des sols.

Le rapport évalue les modalités de mise en œuvre de l’article premier de la présente loi afin d’améliorer le taux de reconnaissance de catastrophe naturelle par une analyse sur site, et non par mailles, et adaptée au phénomène d’alternance entre épisodes de sécheresse et de réhydratation dans un temps long.

🖋️Irrecevable
Véronique Louwagie
24 mars 2023
Après l'article 2, insérer l'article suivant:

I. – L’article L. 125‑1 du code des assurances est complété par un alinéa ainsi rédigé :

« Lorsque l’état de catastrophe naturelle est déclaré dans une commune, il est automatiquement déclaré dans les communes limitrophes. »

II. – La perte de recettes pour l’État est compensée, à due concurrence, par la création d’une taxe additionnelle à l’accise sur les tabacs prévue au chapitre IV du titre Ier du livre III du code des impositions sur les biens et services. 

🖋️Irrecevable
Élise Leboucher
24 mars 2023
Après l'article 2, insérer l'article suivant:

L’article premier de l’ordonnance n° 2023‑78 du 8 février 2023 relative à la prise en charge des conséquences des désordres causés par le phénomène naturel de mouvements de terrain différentiels consécutifs à la sécheresse et à la réhydratation des sols est ainsi modifié :

I. –  Au troisième alinéa :

1° La deuxième occurrence du mot « anormale » est supprimée ;

2° Après la deuxième occurrence du mot « sécheresse », la fin de l’alinéa est supprimée.

II. –  Les alinéas 5 à 7 sont supprimés.

🖋️Irrecevable
Romain Baubry
25 mars 2023
Après l'article 2, insérer l'article suivant:

Dans un délai de douze mois à compter de la promulgation de la présente loi, le Gouvernement remet au Parlement un rapport faisant état des zones géographiques dans lesquelles il serait pertinent de faire construire des centrales de désalinisation.

🖋️Tombé
Frédéric Mathieu
24 mars 2023

À l’alinéa 4, après les mots :

« expertise, »

insérer les mots :

« par un expert mandaté par les services de l’État, ».

Exposé des motifs • ⏱️Lecture 5min.

Mesdames, Messieurs,

Aujourd’hui, en France, les conséquences du changement climatique sont tangibles, concrètes et parfois, déjà, dramatiques. Incendies, sécheresses ou tempêtes, peu importe la forme, chacune et chacun voit le monde changer, voire s’effondrer.

2022 a été l’année de tous les records en France. Des chaleurs encore jamais enregistrées jusqu’alors, d’intenses et nombreux incendies ont entraîné la perte de plus de 65 000 hectares, et surtout un assèchement de la ressource en eau dans les sols, aboutissant, dans de nombreuses villes, à des restrictions d’usage. Les prévisions des scientifiques sont formelles : ce n’est que le début. La France sera exposée à des sécheresses et des inondations d’ampleur grandissante et de plus en plus fréquentes.

Pour de nombreux Français et Françaises, les impacts sont perceptibles car ils affectent immédiatement leur environnement, leurs conditions de vie, mais aussi leur lieu d’habitation.

C’est le cas en particulier des propriétaires de maisons fissurées sous l’effet du phénomène de retrait et gonflement des argiles (RGA). Ce phénomène, dont les conséquences désastreuses ont été mises en lumière par l’émission Cash Investigation, se caractérise par des mouvements alternatifs des sols argileux selon la variation de la teneur en eaux dans les sols : tantôt les argiles se rétractent et se fracturent en cas de sécheresse, tantôt elles se gonflent sous l’effet de l’accumulation en eau en cas de forte pluviométrie. Ces retraits et gonflements peuvent faire varier l’amplitude de l’ordre de ‑ 10 % à + 10 % du volume des argiles et si ce phénomène est bien documenté depuis de nombreuses années, le changement climatique en accentue considérablement l’ampleur. Ces mouvements répétés et successifs entraînent des dégâts majeurs et visibles sur de nombreuses habitations. La structure des maisons se fragilise, des fissures apparaissent, et dans certains cas cela aboutit à une menace d’inhabitabilité ou même d’effondrement de la construction.

Ce phénomène nous interroge sur les moyens que nous sommes capables de mobiliser pour protéger les personnes les plus exposées et vulnérables au réchauffement climatique.

En 2022, le CEREMA alertait sur l’ampleur de ce phénomène : compte tenu de la géologie du territoire français, près de 50 % des sols du pays sont concernés par des retraits et des gonflements d’intensité moyenne et forte, et dix millions de maisons individuelles sont très exposées. Dans 75 % des communes françaises, c’est plus de la moitié de leurs habitations qui sont exposées au risque de retrait et de gonflement des argiles.

Les dégâts sont en premier lieu matériels mais les RGA ont aussi des conséquences sociologiques et psychologiques. Les particuliers propriétaires sont démunis face à l’ampleur des coûts de réparation, les aides sont méconnues, les dispositifs de reconnaissance de catastrophe naturelle se révèlent souvent inefficaces, les indemnisations in fine sont très rares. La détresse est grande pour de nombreux propriétaires. Les sentiments d’impuissance et d’injustice sont fréquents et alimentent l’idée omniprésente chez les victimes de RGA d’être abandonnées par la puissance publique.

Ce type de sinistres est en effet aujourd’hui pris en charge par la garantie catastrophe naturelle. Mais encore faut‑il qu’un arrêté interministériel de catastrophe naturelle soit rendu sur la commune concernée, et qu’il soit prouvé que le retrait et gonflement des argiles soit reconnu comme la cause déterminante du dommage. Deux conditions trop rarement réunies. Les propriétaires sans recours se multiplient. Certains ont perdu le fruit de leurs économies dans un bien qu’ils ne peuvent plus habiter ni revendre. Le RGA est aussi le seul phénomène de catastrophe naturelle dont les effets apparaissent de manière différée, postérieurement aux épisodes de sécheresses. Ceci rend la causalité plus complexe à établir et, a fortiori, l’indemnisation de ce dommage plus aléatoire.

Ce mécanisme d’indemnisation par son inefficacité fait peser sur les propriétaires les conséquences du réchauffement climatique. Le gouvernement, via la garantie catastrophe naturelle, doit prendre ses responsabilités et prévoir une meilleure procédure d’indemnisation en cas de sécheresse et de phénomène de retrait‑gonflement des argiles.

L’objectif de la présente proposition de loi est donc de faciliter l’indemnisation des victimes du retrait gonflement des argiles.

L’article 1er vise à modifier les critères de reconnaissance de l’état de catastrophe pour augmenter le nombre de communes reconnues en état de catastrophe naturelle au titre du phénomène de retrait‑gonflement des argiles. Pour cela il est proposé de s’appuyer également sur des mesures d’humidité des sols, indispensables pour appréhender la partie « gonflement » des sols qui n’est actuellement pas prise en compte dans les mesures de Météo France. Il est également proposé de comparer les épisodes de sécheresse à l’échelle d’une année, avec l’historique des années précédentes, et non plus mois à mois, pour mieux prendre en considération la longueur qui peut caractériser les épisodes de sécheresse et tenir compte de l’effet différé de la survenance des dommages causés par le retrait‑gonflement des argiles. Le présent article introduit par ailleurs une disposition permettant de considérer que si une année fait partie des dix plus sèches des cinquante dernières années, celle‑ci fait automatiquement l’objet d’une déclaration de catastrophe naturelle de sécheresse.

L’article 2 a pour objet de rendre la procédure d’expertise plus efficace et impartiale et de rééquilibrer les rapports entre l’assurance et l’assuré. En premier lieu, il est prévu une présomption selon laquelle lorsqu’un état de catastrophe naturelle sécheresse est déclaré alors il est présumé que la cause déterminante du dommage est le retrait‑gonflement de l’argile. Cette disposition permet de faciliter la reconnaissance du lien de causalité permettant d’obtenir une indemnisation au titre d’une catastrophe naturelle de sécheresse. Cette disposition prévoit par ailleurs que lorsqu’il cherche à déterminer les causes des dommages, l’assureur doit désormais obligatoirement mener une analyse des sols qui prend spécifiquement en compte le risque de retrait‑gonflement des argiles. Et enfin, cet article permet de considérer que l’aggravation d’une fissure d’une construction constitue un élément nouveau de dégât pouvant ainsi entrer dans les préjudices indemnisés en cas de catastrophe naturelle de sécheresse.

Article 1

Après le quatrième alinéa de l’article L. 125‑1 du code des assurances, sont insérés trois alinéas ainsi rédigés :

« L’arrêté interministériel mentionné au quatrième alinéa du présent article est pris notamment sur le fondement de mesures des variations d’humidité du sol prises sur le terrain, pour caractériser le cycle de retrait‑gonflement des argiles sur les zones concernées.

« La caractérisation de l’état de catastrophe naturelle de sécheresse se fait, selon une méthodologie dont les modalités sont définies par décret, par comparaison entre l’année considérée et les cinquante années qui la précèdent. Lorsque l’année considérée se classe entre le premier rang et le dixième rang des valeurs les plus basses de l’indicateur d’humidité des sols superficiels, l’état de catastrophe naturelle de sécheresse est constaté.

« Lorsque la zone géographique à laquelle s’applique l’arrêté interministériel présente un risque de phénomènes de retrait‑gonflement des argiles, postérieurs à l’épisode de sécheresse, la durée d’application de l’arrêté ne peut être inférieure à un an. »

Article 2

Après l’article L. 125‑2 du code des assurances, il est inséré un article L. 125‑2‑1 ainsi rédigé :

« Art. L.12521.  Lorsqu’une décision administrative constatant l’état de catastrophe naturelle de sécheresse est prise, les dispositions suivantes s’appliquent cumulativement :

« 1° Tout dommage, tel que défini au troisième alinéa de l’article L. 125‑1, fait l’objet d’une présomption réfragable selon laquelle ledit dommage a pour cause déterminante des mouvements de terrain différentiels consécutifs à la sécheresse et à la réhydratation des sols, caractérisant le phénomène de retrait‑gonflement des argiles ;

« 2° Afin de déterminer la cause des dommages, l’assureur est tenu de faire réaliser une expertise, dans des conditions définies par arrêté ministériel, sur la base d’une étude de sols visant spécifiquement à déterminer les sinistres liés à la sècheresse qui permette d’établir si la nature du sol et les variations d’humidité constituent le facteur déclenchant du sinistre constaté.

« L’aggravation d’une fissure est considérée comme un événement nouveau, nonobstant l’apparition antérieure de microfissures, ouvrant droit à indemnisation si l’aggravation de la fissure est apparue pendant la période de reconnaissance de l’arrêté catastrophe naturelle de sécheresse. »

Article 3

La charge pour l’État est compensée, à due concurrence, par la création d’une taxe additionnelle à l’accise sur les tabacs prévue au chapitre IV du titre Ier du livre III du code des impositions sur les biens et services.

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