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📜Proposition de loi visant à interdire les sucres ajoutés aliments destinés aux nourrissons et aux enfants en bas âge
Cyrille Isaac-Sibille
04 févr. 2026

🖋️Amendements examinés : 100%
7 Adoptés9 Rejetés
4 Irrecevables
9 Tombés
Liste des Amendements
Article 1

I. – À la fin de l’alinéa 2, substituer aux mots :

« du sucre ajouté »

les mots :

« des sucres ajoutés ».

II. – En conséquence, à l’alinéa 10, substituer aux mots :

« sucre ajouté »

les mots :

« des sucres ajoutés ».

Substituer aux alinéas 6 à 9 l’alinéa suivant : 

« 3° " Sucres ajoutés ", l’ensemble des monosaccharides et des disaccharides ainsi que tout ingrédient utilisé pour ses propriétés édulcorantes, notamment le miel, les sirops ou les jus de fruits concentrés ou reconstitués, lorsqu’ils sont ajoutés aux denrées alimentaires lors de leur fabrication, de leur préparation ou de leur transformation. »

À la fin de l’alinéa 10, supprimer les mots :

« , lorsqu’aucun sucre n’a été ajouté au sens du présent II ».

Rédiger ainsi l’alinéa 11 :

« Sont exclus du périmètre de cette contribution les préparations alimentaires non médicamenteuses qui figurent sur une liste déterminée par un arrêté du ministre chargé de la santé, pris après avis de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail, compte tenu de leurs caractéristiques nutritionnelles adaptées aux besoins des nourrissons et des enfants en bas âge dans le cadre d’une alimentation équilibrée. Cet arrêté détermine également le type de sucre ainsi que le taux de sucre maximal ajouté pour ces produits. »

🖋️ • Adopté
Thierry Sother
13 févr. 2026

Après le mot :

« passible »,

rédiger ainsi la fin de l’alinéa 12 :

« de 30 000 € d’amende. Le montant de cette amende peut être porté jusqu’à 5 % du chiffre d’affaires hors taxe réalisé sur la préparation pour laquelle le manquement a été constaté. »

Supprimer l’alinéa 13.

Compléter cet article par l’alinéa suivant : 

« II. – Le présent article entre en vigueur le 1er janvier 2028. »

🖋️ • Rejeté
Thierry Frappé
20 févr. 2026

Compléter l’alinéa 2 par les mots : 

« au-delà d’un seuil fixé par décret ».

🖋️ • Rejeté
Thierry Sother
13 févr. 2026

Supprimer l’alinéa 11.

🖋️ • Irrecevable
Thomas Portes
20 févr. 2026

Compléter l’alinéa 11 par les phrases suivantes :

« Les producteurs et transformateurs de ces laits infantiles et de croissance transmettent chaque mois à l’autorité compétente un rapport d’évaluation de la sécurité sanitaire de ces aliments. Ce rapport dresse une liste exhaustive des autocontrôles sanitaires réalisés ainsi que de leur méthode. En cas de manquement à cette obligation, l’autorité compétente peut ordonner le retrait du marché des produits du producteur ou transformateur. »

🖋️ • Rejeté
Thierry Frappé
20 févr. 2026

Après l’alinéa 11, insérer l’alinéa suivant : 

« Le présent I ne s’applique pas aux produits destinés à l’apprentissage de la mastication et de la diversification alimentaire lorsque la présence limitée de sucres ajoutés est justifiée par des impératifs technologiques ou nutritionnels, dans des conditions définies par décret. »

🖋️ • Rejeté
Ségolène Amiot
20 févr. 2026

Compléter l’alinéa 12 par les mots et les deux phrases suivantes :

« ainsi que, pour l’exploitant et sur décision de l’autorité administrative en charge de la répression des fraudes, d’une amende administrative dont le montant ne peut excéder 10 % du chiffre d’affaires moyen annuel, calculé sur les trois derniers chiffres d’affaires annuels connus à la date de la décision. À défaut d’information disponible pour calculer l’amende sur le fondement du chiffre d’affaires, son montant peut être porté à cent millions d’euros. L’autorité peut en outre prononcer une astreinte dont le montant ne peut excéder 1 % du chiffre d’affaires moyen annuel. »

🖋️ • Rejeté
Thomas Portes
20 févr. 2026

Compléter l’alinéa 12 par les mots et les deux phrases suivantes :

« ainsi que, pour l’exploitant et sur décision de l’autorité administrative en charge de la répression des fraudes, d’une amende administrative dont le montant ne peut excéder 5 % du chiffre d’affaires moyen annuel, calculé sur les trois derniers chiffres d’affaires annuels connus à la date de la décision. À défaut d’information disponible pour calculer l’amende sur le fondement du chiffre d’affaires, son montant peut être porté à cinquante millions d’euros. L’autorité peut en outre prononcer une astreinte dont le montant ne peut excéder 0,5 % du chiffre d’affaires moyen annuel. »

🖋️ • Rejeté
Thomas Portes
20 févr. 2026

Compléter l’alinéa 12 par les deux phrases suivantes :

« Lorsqu’elle prononce une sanction administrative, l’autorité administrative ordonne par tous moyens appropriés, l’affichage ou la diffusion de l’intégralité ou d’une partie de la décision ou d’un communiqué informant le public des motifs et du dispositif de celle-ci. L’autorité administrative peut ordonner l’affichage de cette décision sur l’emballage de produits destinés à la vente. »

🖋️ • Rejeté
Thomas Portes
20 févr. 2026

Après l’alinéa 12, insérer l’alinéa suivant :

« Sans préjudice des autres sanctions encourues, en cas de manquement aux obligations du présent I et si l’exploitant ne défère pas à la mise en demeure de régularisation de sa situation, l’autorité administrative en charge de la répression des fraudes peut ordonner la fermeture de l’établissement. »

🖋️ • Rejeté
Ségolène Amiot
20 févr. 2026

Après l’alinéa 12, insérer l’alinéa suivant :

« Sans préjudice des autres sanctions encourues, en cas de manquement aux obligations prévues au présent I, l’autorité administrative en charge de la répression des fraudes peut ordonner une mesure d’interdiction de fabrication ou de mise sur le marché ou une mesure de retrait du marché des produits. L’autorité administrative compétente peut ordonner la destruction des produits illégaux. Les dépenses correspondantes sont mises à la charge du fabricant. »

🖋️ • Rejeté
Ségolène Amiot
20 févr. 2026

Après l’alinéa 12, insérer l’alinéa suivant :

« Sans préjudice des autres sanctions encourues, tout manquement au présent I entraîne la perte du bénéfice des exonérations de cotisations sociales prévues à l’article L. 241‑13 du code de la sécurité sociale ainsi que de la déduction forfaitaire prévue à l’article L. 241‑18 du même code pour une durée d’un an à compter de la constatation de l’infraction. »

🖋️ • Irrecevable
Thomas Portes
20 févr. 2026

Après l’alinéa 12, insérer l’alinéa suivant :

« Les producteurs ou les transformateurs de préparations alimentaires destinées aux besoins des nourrissons et des enfants en bas âge transmettent chaque année à l’autorité de surveillance sanitaire un rapport relatif aux mesures de surveillance sanitaire qu’ils mettent en œuvre, notamment les autocontrôles réalisés et leur méthode. Ce rapport est rendu public. En cas de manquement aux obligations du présent alinéa de transmission d’informations inexactes, incomplètes ou trompeuses, l’entreprise productrice ou transformatrice perd le bénéfice de toute aide publique, y compris des exonérations de cotisations sociales mentionnées à l’article L. 241‑13 du code de la sécurité sociale ou de la déduction forfaitaire mentionnée à l’article L. 241‑18 du même code. Cette perte des aides publiques vaut pour une durée d’un an et peut être prolongée. »

Après l'article unique, insérer l'article suivant:

La section 4 du chapitre II du titre IV du livre II de la partie législative du code de la consommation est complétée par une sous-section 19 ainsi rédigée : 

« Sous-section 19

« Teneur en sucre des produits vendus dans les collectivités mentionnées à l’article 73 de la Constitution et à Saint-Barthélemy, Saint-Martin et Saint-Pierre-et-Miquelon.

« Art. L. 242‑52. – Tout manquement aux articles L. 3232‑5 et 3232‑6 du code de la santé publique est passible d’une amende dont le montant est situé entre 1 % et 5 % du chiffre d’affaires journalier moyen hors taxes réalisé en France par la société au titre de cette activité au cours du dernier exercice clos de la personne morale contrôlée.

« Cette amende est prononcée dans les conditions prévues au chapitre II du titre II du livre V du présent code. »

🖋️ • Irrecevable
Thomas Portes
20 févr. 2026
Après l'article unique, insérer l'article suivant:

Dans un délai de six mois à compter de la promulgation de la présente loi, le Gouvernement remet au Parlement un rapport portant sur les aides publiques perçues par les producteurs, les transformateurs et les distributeurs d’aliments destinés aux besoins des nourrissons et des enfants en bas âge. Il dresse un état des lieux complet de ces aides publiques, directes ou indirectes, comprenant des dispositifs d’exonération de cotisations ou de contributions sociales ainsi que des niches fiscales. Ce rapport chiffre le montant des aides publiques, directes ou indirectes, perçues par chaque entreprise dont le chiffre d’affaires annuel moyen est au moins égal à 20 millions d’euros. Il présente l’intégralité de ces aides par catégorie et par entreprise. Ce rapport propose des pistes de réforme visant à la conditionnalité de ces aides publiques, notamment à partir du respect d’objectifs de sécurité sanitaire et de qualité nutritionnelle de l’alimentation.

À l’alinéa 6, supprimer les mots :

« , à l’exclusion des polyols, ».

Après l’alinéa 9, insérer l’alinéa suivant : 

« 4° Les polyols et les édulcorants. »

Rédiger ainsi l’alinéa 11 :

« Les laits infantiles et les laits de croissance ne sont pas soumis à cette interdiction. »

🖋️ • Tombé
Sabrina Sebaihi
20 févr. 2026

Après le mot : 

« cette », 

rédiger ainsi la fin de l’alinéa 11 : 

« interdiction le lactose et le galactose ».

🖋️ • Tombé
Thomas Portes
20 févr. 2026

À l’alinéa 11, substituer au mot :

« contribution » 

le mot :

« interdiction ».

À l’alinéa 12, après le mot :

« au »,

insérer les mots :

« chapitre Ier du titre V du livre IV du ».

🖋️ • Tombé
Thierry Frappé
21 févr. 2026

Rédiger ainsi l’alinéa 13 :

« II. – Un décret en Conseil d’État, pris après avis de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail, précise les conditions d’application du présent article, notamment celles relatives à l’information sur la consommation de sucres chez les jeunes enfants, incluant la distinction entre les sucres naturellement présents dans les aliments et les sucres ajoutés. »

🖋️ • Tombé
Thierry Frappé
21 févr. 2026

À l’alinéa 13, après le mot :

« État »,

insérer les mots :

« , pris après avis de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail, ».

🖋️ • Tombé
Thierry Frappé
21 févr. 2026

Compléter cet article par l’alinéa suivant : 

« Le décret mentionné au présent II, pris après avis de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail, précise également les modalités d’information relatives aux recommandations sur la consommation de sucres chez les jeunes enfants, à destination des parents et des aidants, dans le cadre des dispositifs existants de santé publique et de nutrition. »

Exposé des motifs • ⏱️Lecture 2min.

Mesdames, Messieurs,

Alors que l’Organisation mondiale de la santé recommande de n’ajouter ni sucres ni agents sucrants dans les produits destinés à l’alimentation infantile ; 

Alors que « les graines d’un vieillissement en bonne santé se sèment tôt », comme l’a rappelé Kofi Annan, prix Nobel de la paix, lors de l’Assemblée mondiale sur le vieillissement en 2001 ;

Et alors que notre état de santé dépend majoritairement de nos comportements de santé, au premier desquels figure notre alimentation ; 

Comment expliquer que les industriels continuent d’ajouter du sucre dans les produits alimentaires destinés aux enfants de moins de trois ans, sans qu’aucune réglementation ne les en empêche ? 

La France est aujourd’hui confrontée à la progression d’une épidémie silencieuse : la surcharge pondérale. Un Français sur deux est en situation de surpoids ou d’obésité, une situation largement liée à nos habitudes alimentaires. La part croissante des produits ultra‑transformés dans notre alimentation, ainsi que les sucres dissimulés par les industriels (parce qu’ils sont des exhausteurs de goût à faible coût) ont de lourdes conséquences. 

Elles sont d’abord sanitaires : l’obésité est associée à près de vingt pathologies évitables, parmi lesquelles certains cancers, le diabète ou encore les maladies cardiovasculaires. 

Elles sont également économiques et sociales : le coût social de l’obésité est estimé à près de 20 milliards d’euros par an. 

Or, ce que nous consommons durant l’enfance façonne durablement nos habitudes alimentaires à l’âge adulte. 

Selon une enquête de l’Association nationale de défense des consommateurs et usagers publiée en octobre 2023, de nombreux produits alimentaires destinés aux enfants contiennent des quantités excessives de sucres ajoutés ou d’ingrédients sucrés. Ainsi, 22 % des préparations céréalières et 14 % des produits à base de fruits destinés aux enfants en bas âge en contiennent. Certains produits affichent même des allégations nutritionnelles vantant une faible teneur en sucre, au risque d’induire les parents en erreur. 

Les exemples sont nombreux : 

– certains yaourts dès 8 mois montent à 10 grammes pour 100 grammes ;

– des poudres cacaotées ou biscuit, « dès 10 mois », atteignent plus de 30 grammes pour 100 grammes.

Tous sont enrichis en sucres ajoutés, souvent sans que les parents en aient pleinement conscience, alors même que des alternatives sans sucre existent déjà sur le marché. 

Les plus jeunes sont particulièrement vulnérables à ces pratiques, et les inégalités sociales jouent également un rôle déterminant dans l’exposition à une alimentation de moindre qualité. Pour enrayer ce phénomène et lutter contre la progression de l’obésité en France, il est nécessaire de garantir à tous les enfants, dès le plus jeune âge, une alimentation favorable à leur santé, notamment par une réduction de leur exposition au sucre ajouté.

C’est dans cet esprit que, depuis huit ans, le député Cyrille Isaac‑Sibille et le groupe Les Démocrates œuvrent pour responsabiliser les industriels, notamment par la création d’une taxe incitative sur les sucres ajoutés dans les produits ultra‑transformés, par le rehaussement de la taxe sur les sucres ajoutés dans les sodas (une avancée obtenue en 2025) et par l’interdiction des sucres ajoutés dans les produits alimentaires destinés aux jeunes enfants. 

L’article unique de la présente proposition de loi prévoit donc cette interdiction des sucres ajoutés dans les produits alimentaires destinés aux nourrissons et aux enfants âgés de un à trois ans, à l’exception des laits de croissance et des denrées alimentaires à usage médical.

Article 1

Le chapitre II du titre unique du livre II bis de la troisième partie du code de la santé publique est complété par un article L. 323210 ainsi rédigé : 

« Art. L. 323210.  I.  Il est interdit de fabriquer, importer, exporter, mettre sur le marché à titre gratuit ou onéreux, détenir en vue de la vente ou de la distribution à titre gratuit des préparations alimentaires non médicamenteuses présentées comme spécifiquement destinés aux besoins des nourrissons et des enfants en bas âge contenant du sucre ajouté.

« Au sens du présent article, on entend par :

« a) « Nourrissons », les enfants âgés de moins de douze mois ;

« b) « Enfants en bas âge », les enfants âgés de un à trois ans ;

« c) « Sucre ajouté », l’ensemble des monosaccharides et disaccharides, à l’exclusion des polyols, ajoutés aux denrées alimentaires lors de leur fabrication, de leur préparation ou de leur transformation, y compris : 

«  Le saccharose, le glucose, le fructose et le dextrose ; 

«  Les sirops de glucose, de fructose ou de glucosefructose ; 

«  Le miel, les jus de fruits concentrés ou reconstitués, ainsi que tout ingrédient utilisé pour ses propriétés édulcorantes. 

« Ne sont pas considérés comme sucre ajouté les sucres naturellement présents dans les ingrédients utilisés, lorsqu’aucun sucre n’a été ajouté au sens du présent II. 

« Sont exclus du périmètre de cette contribution les laits infantiles premier et deuxième âges et les laits de croissance.

« Tout manquement aux dispositions du présent article est passible des mesures administratives et sanctions prévues au code de la consommation.

« II.  Un décret en Conseil d’État précise les conditions d’application du présent article. »

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