Stéphane Le Foll,
Ministère de l'agriculture, de l'agroalimentaire et de la forêt •
20 août 2013En février dernier, le ministre chargé de l'agriculture a décidé de mettre en oeuvre un plan de développement durable de l'apiculture (2013-2015) afin d'appréhender les problématiques liées à l'apiculture de façon coordonnée et globale. Ce plan vise à relever le défi de la mise en place d'une filière apicole durable et compétitive, de faire de la France l'un des plus grands pays apicoles de l'Union européenne, et de développer le cheptel dans un contexte de fragilité généralisée des colonies d'abeilles. En effet, ce plan prend en compte à la fois la santé des abeilles, le soutien à la recherche dans le domaine de l'apiculture, la préservation et le développement du cheptel français, la formation et l'installation des jeunes apiculteurs et l'organisation de la filière apicole. Le classement de l'Ile de la Réunion en tant que « Conservatoire de l'Abeille » évoque de nombreux aspects. En effet, l'abeille domestique n'est pas une espèce protégée au sens des espèces menacées ou des espèces à petit effectif. Par conséquent, elle n'est pas éligible aux dispositions qui permettent d'attribuer au territoire de la Réunion ce statut de conservatoire. Toutefois, le cheptel apicole de la Réunion bénéficie d'un statut sanitaire favorable vis à vis de la varroose et les apiculteurs réunionnais tiennent à le préserver et le faire valoir. Par conséquent, le ministre chargé de l'agriculture informe qu'il est possible, sur la base du statut sanitaire, de déclarer un territoire indemne d'une maladie et donc de le doter de règles sanitaires régissant notamment les mouvements (importation, introductions d'abeilles...). Cette démarche est également à l'étude pour une approbation au niveau communautaire. Elle vise à définir les conditions nécessaires à remplir et les modalités de reconnaissance des zones indemnes de varroa. La France soutient cette démarche qui pourrait répondre aux caractéristiques de certaines régions (Ile de la Réunion, Ile d'Ouessant, la Corse). Afin d'y parvenir, il est nécessaire que les apiculteurs accompagnés des services de l'État et de l'ensemble des acteurs, mettent en place un dispositif d'épidémiosurveillance efficace. Ce dispositif devra permettre à la fois de démontrer l'absence de la maladie sur le territoire, et être capable de détecter rapidement toute apparition éventuelle de la maladie. Il fera l'objet d'un examen par les membres de la plateforme nationale d'épidémiosurveillance en santé animale co-animée par la direction générale de l'alimentation et l'agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail. Un projet de règlement pour la reconnaissance et la protection de zones indemnes de varroa est en cours d'adoption. La démarche de l'Ile de la Réunion aura ainsi probablement l'opportunité de se doter de moyens réglementaires lui permettant de préserver sa situation sanitaire.