Victorin Lurel,
Ministère des outre-mer •
10 sept. 2013Plusieurs solutions techniques sont disponibles pour assurer la connectivité entre les départements et collectivités d'outre-mer et l'Hexagone. Toutefois, les câbles sous-marins restent le support principal des services de capacités auxquels les opérateurs et les fournisseurs d'accès ont recours pour délivrer leurs offres de détail. Pour les opérateurs ultramarins qui ne sont pas membres des consortia qui construisent les câbles, l'achat de capacités sur les câbles représentent un goulet d'étranglement car les conditions tarifaires déterminent les choix techniques et les positions marketing et tarifaire. En pratique, les tarifs restent élevés sur ces prestations, notamment dans la zone Antilles. Les acteurs privés de la zone signalent régulièrement au régulateur sectoriel des tarifs largement supérieurs aux autres tarifs constatés sur le marché caribéen et qui n'ont pas varié depuis 2010. Les services de capacité font l'objet d'une régulation de la part de l'ARCEP et c'est donc avant tout par le biais des analyses de marchés et des remèdes choisis par le régulateur sectoriel, renforcées le cas échéant par les prises de position de l'Autorité de la concurrence que des améliorations peuvent être obtenues. Une consultation publique est actuellement menée par l'ARCEP relative notamment au marché 6, dit des « services de capacité ». Cette consultation publique se conclura par la publication de projets de décision à l'automne 2013. D'ores et déjà, l'ARCEP estime qu'elle doit renforcer les contrôles tarifaires et comparer les offres disponibles sur chaque zone (Antilles/Guyane, Océan Indien). Par ailleurs, le régulateur se réserve la possibilité de modifier les obligations imposées à certains opérateurs à l'issue du cycle d'analyse précédent. Outre les effets de la régulation sectorielle, l'action des collectivités territoriales est susceptible d'exercer une influence significative sur le fonctionnement du marché de gros des services de capacité. A ce jour, la région Guadeloupe est la seule à avoir mené à terme un projet de câbles sous-marin construit exploité sous le régime de la délégation de service public, telle que le permet l'article L. 1425-1 du code général des collectivités territoriales. Toutefois, le Conseil régional estime que malgré son action, le prix des capacités reste trop élevé. En prévision des besoins croissants en débit, avec l'arrivée du très haut débit fixe et mobile, il convient d'obtenir une baisse significative du prix du Mbit/s. Pour faire baisser significativement le prix du Mbit/s, il conviendra d'opérer une conjonction entre l'action de la régulation sectorielle et les initiatives prises par les collectivités territoriales d'outre-mer. Concrètement, le ministère des outre-mer veillera à ce que le plan national France très haut débit offre des possibilités de soutien aux projets ultramarins ayant in fine pour objectif d'avancer vers la voie de la continuité numérique territoriale.