À Philippe Martin,
Ministère de l'écologie, du développement durable et de l'énergie, 🧭Gouvernement Ayrault 2
M. Carlos Da Silva attire l'attention de M. le ministre délégué auprès du ministre de l'écologie, du développement durable et de l'énergie, chargé des transports, de la mer et de la pêche, sur les déchets plastiques marins. En effet, 65 à 95 % des débris trouvés au fond des mers sont en plastique. Ces déchets peuvent flotter en surface ou dans la colonne d'eau, être déposés dans les fonds marins, échoués sur le littoral, et se trouver dans des milieux aquatiques divers. Un emballage jeté dans la nature peut se retrouver dans les fleuves et poursuivre son parcours jusque dans les mers et les océans. Ces déchets peuvent alors soit s'accumuler en mer soit s'échouer sur les plages. Ils représentent une menace pour les espèces animales et végétales ainsi qu'une nuisance visuelle pour le littoral. L'Ifremer estime à 540 millions le nombre de déchets présents dans les fonds marins. On estime qu'au moins 267 espèces marines dans le monde sont touchées par l'ingestion de déchets marins. Plus de 40 % des océans sont très endommagés. De plus, la production mondiale de plastiques augmente et cette hausse s'accompagne d'une augmentation des déchets plastiques. Une partie de ces déchets se retrouvent dans le milieu marin sous la forme de microplastiques, des petites particules de moins de 5 millimètres généralement issues de la désagrégation des macro-déchets plastiques ou granulés. Or ces microplastiques sont ingérés par les organismes planctonophages et de plus en plus d'éléments tendent à montrer que ces particules peuvent provoquer des dégâts chez eux et notamment l'empoisonnement. Durant la cinquième conférence internationale tenue à Honolulu, l'industrie plastique mondiale a signé une « déclaration commune pour des solutions au problème des déchets marins » avec 57 associations du secteur des plastiques du monde entier. Des associations sont d'ores et déjà mobilisées sur le sujet, notamment à travers l'opération « clean sweep » dont l'objectif est d'éviter la perte de granulés à chaque étape de la chaîne. Ces mesures permettent de freiner ce phénomène. Néanmoins, d'autres mesures peuvent être prises. Au niveau des producteurs de plastiques, la mise en place systématique du recyclage ou de la valorisation énergétique, l'éco-conception ou encore la réutilisation constituerait des avancées incontestables. De plus, on peut également constater que les cours d'eau constituent l'axe principal de circulation des déchets de l'intérieur des terres vers le littoral. Il est donc également indispensable de prendre en compte les déchets marins se trouvant dans les fleuves et rivières. La Seine, par exemple, est un fleuve pollué. Les déchets de la Seine normande constituent environ 9 000 tonnes ce qui représente la production annuelle de déchets ménagers des habitants d'une ville de 20 000 habitants. Depuis 10 ans, les campagnes « Opération Seine propre » ont permis de retirer 111 tonnes de déchets de la Seine en Essonne. Cet exemple souligne la nécessité d'instaurer des mesures fortes à tous les niveaux y compris pour les fleuves et rivières et pas seulement au niveau de la mer. Il lui demande donc si des mesures en ce sens sont envisagées et dans quels délais.