🤔Moldavie25 mars 2014 •
Sylviane Bulteau •
politique extérieuresituation politiqueTransnistrie Mme Sylviane Bulteau interroge M. le ministre des affaires étrangères sur l'évolution des difficultés politiques en Transnistrie. L'existence de cet État autoproclamé,
de facto indépendant, mais reconnu par aucun État membre de l'ONU, ni même par la Russie, jusqu'à présent, nuit aux efforts engagés par la Moldavie pour se rapprocher de l'Union européenne. L'ouverture d'un consulat russe à Tiraspol l'an passé et les manoeuvres russes dans le district autonome de Gagouzie, en république moldave, laissent craindre en effet que de nouvelles difficultés ne surgissent dans la région. Le 2 février 2014, un pseudo referendum, là encore illégal, mesure de rétorsion à l'accord d'association signé avec l'Union européenne fin novembre 2013, était organisé pour obtenir l'adhésion de la Gagouzie à l'Union douanière russe et le droit à la sécession au cas où la Moldavie engagerait un processus de réunification avec la Roumanie. Le précédent russe en Géorgie en 2008, aujourd'hui en Moldavie, en Transnistrie et en Ukraine, doit instruire les Européens sur la volonté de la Russie de créer aux marges de l'Europe, dans un espace qu'elle aurait vocation à intégrer à plus ou moins long terme, des points de fixation de difficultés politiques afin de maintenir autant que possible son influence dans ce qu'elle considère toujours comme sa zone d'influence. L'objectif des autorités russes est indéniablement d'entraver par tous les moyens possibles le développement du partenariat oriental engagé par l'Union européenne. Alors que nos amis et partenaires européens frontaliers de la Russie, notamment polonais et baltes, s'inquiètent légitimement des nouvelles prétentions russes, alors que la Pologne, la Hongrie, la République tchèque et la Slovaquie viennent tout juste de signer, vendredi 14 mars 2014, un pacte visant à coordonner leur stratégie de défense et à créer une unité de combat commune au sein de l'OTAN et de l'Union européenne, la France ne peut rester à l'écart. Elle doit se tenir à leurs côtés. Ainsi, elle l'interroge sur l'opportunité qu'il y aurait à prendre des initiatives fortes pour chercher à régler, à l'occasion de l'ouverture de cette crise diplomatique majeure à la seule initiative de la Russie, et une fois pour toute, le problème transnistrien en contraignant les forces armées russes présentes sur son sol au départ afin d'engager un indispensable rapprochement avec la République moldave.