Marc DolezMonsieur le Premier ministre, au nom de notre groupe, je m'adresse à vous avec la gravité qu'impose la situation du pays. Aujourd'hui, la réalité économique dans toute sa brutalité, c'est d'abord la poursuite de l'hémorragie d'emplois industriels , au rythme effrayant de dix plans sociaux et mille chômeurs de plus par jour. C'est aussi la paupérisation accrue des ménages, comme s'en alarme le Secours catholique dans son rapport annuel. Face à l'exaspération, à la détresse ou à la colère de nos concitoyens, attendre un hypothétique retournement de conjoncture est aussi illusoire qu'imaginer un remaniement sans rompre avec une politique qui, faute de combattre la finance, mène inéluctablement à l'échec.
Pour répondre aux urgences du pays, il n'y a pas d'autre voie que d'ouvrir des perspectives de changement, à partir de trois convictions susceptibles, nous le croyons, de rassembler largement à gauche : premièrement, le problème de la France n'est pas le coût du travail, mais celui du capital ; deuxièmement, le problème des Français n'est pas le ras-le-bol fiscal, mais le pouvoir d'achat ; troisièmement, la priorité n'est pas la réduction des déficits, mais le financement de l'investissement. Monsieur le Premier ministre, il n'y a pas de fatalité au cercle vicieux de l'austérité et du chômage de masse, à condition toutefois de résolument changer de cap. Ma question est donc celle que se posent beaucoup de Français qui ont assuré la victoire de la gauche en 2012 : le Gouvernement est-il prêt à prendre un autre chemin, celui de la justice fiscale et de l'arrêt des licenciements, celui de la relance sociale, industrielle et écologique ?