Pierre Morel-A-L'HuissierMonsieur le président, mes chers collègues, ma question s'adresse à M. le Premier ministre.
Durant cinq ans, vous n'avez eu de cesse, en tant que président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale, de dénoncer la politique de l'ancienne majorité vis-à-vis des territoires ruraux. Mais où sont aujourd'hui les réouvertures de tribunaux ? Où sont les réouvertures de perceptions ? Où est le changement ? Où est le rêve socialiste ? Qu'avez-vous fait depuis dix-huit mois ? Rien, sauf des colloques, des forums, des rapports et des commissions !
Pire, vous avez démoli ! Qui a programmé la baisse des dotations aux collectivités locales ? C'est vous ! Qui a décidé de supprimer l'aide technique de l'État aux petites communes ? C'est vous ! Qui a décidé la modification des rythmes scolaires qui affectent les communes rurales ? C'est vous ! Qui remet en cause l'exonération des charges sociales en zone de revitalisation rurale ? C'est encore vous !
Je parle au nom de ces 11 millions d'habitants qui représentent 80 % du territoire et que vous maltraitez ! Je parle au nom de ces 20 000 maires ruraux, aujourd'hui réunis en congrès, qui ne ménagent ni leur temps ni leur peine, pour moins de 500 euros par mois. Ces maires qui crient aujourd'hui leur exaspération face aux normes sur lesquelles vous ne faites rien et face au redécoupage cantonal, véritable charcutage électoral qui détruit la ruralité.
Nous, élus UMP, ne vous laisserons pas faire et nous saisirons le Conseil d'État de plus de mille recours ! Nous ferons capoter votre réforme pour sauver l'avenir de la ruralité !
Monsieur le Premier ministre, vous êtes aujourd'hui totalement hors sol : vous n'entendez plus les citoyens ni les territoires, pas même vos préfets qui vous communiquent pourtant des notes confidentielles. Vous n'avez apprécié ni les « bonnets rouges » ni les « bonnets bleus ». Par votre politique vous conduisez à des blocages et allez jusqu'à susciter des réactions désespérées !
Ressaisissez-vous ! Arrêtez de stigmatiser les territoires ruraux et d'en faire les parias de la société !