Dominique NachuryMa question s'adresse à M. le ministre de l'éducation nationale. Ce lundi 9 décembre, les professeurs de classes préparatoires manifestaient devant le lycée Édouard Herriot, à Lyon, lycée que vous connaissez bien pour y avoir, je crois, enseigné. Ils exprimaient leur mécontentement après l'annonce des mesures les visant et le sentiment d'humiliation qui les habite à la suite de vos appréciations négatives.
Monsieur le ministre, vous avez dit que les professeurs les plus touchés ne perdront pas plus de 3 à 5 % de revenus. C'est faux : une majorité de professeurs verront leur revenu amputé de 10 à 15 %. Vous avez dit que les plus jeunes professeurs gagneront avec cette réforme. C'est faux : le salaire de base étant plus faible, la part des heures supplémentaires et khôlles est nécessairement plus grande.
Vous avez dit que certains professeurs font trop d'heures supplémentaires, jusqu'à seize heures par semaine, mais, monsieur le ministre, ce sont les postes qui l'imposent. En outre, la rémunération des heures prétendument supplémentaires n'est comptabilisée ni dans le calcul de la retraite ni dans les congés maladie ou maternité et disparaît durant les mois d'été.
Monsieur le ministre, vous avez dit vouloir de la transparence, de la justice et de l'équité. Or vous n'avez discuté de rien. Est-ce de la transparence ? Vous baissez les revenus d'une catégorie de fonctionnaires dont les résultats et l'engagement sont reconnus. Est-ce de la justice ?
Monsieur le ministre, vous répandez l'idée détestable que les professeurs de classes préparatoires seraient trop payés ! Et, comble du populisme, vous justifiez cette réforme en prétendant réaffecter une partie de leurs salaires aux professeurs de ZEP. C'est de l'imposture, et vous ne trompez personne. Que recevront les profs de ZEP ? Quelques miettes !
Monsieur le ministre, vous dites vouloir conforter les classes préparatoires aux grandes écoles. Mais, bien avant votre entrée dans ce ministère, vous aviez dit votre mépris des classes préparatoires et de leur élitisme supposé. La brutalité de vos propositions ne laisse rien présager de positif quant au rôle que vous entendez donner aux professeurs dans notre société. Une mesure ambitieuse aurait été de reconnaître la spécificité d'une catégorie de professeurs qui prépare à l'excellence, car toutes nos grandes écoles bénéficient d'une incontestable réputation sur le plan national et international.