Bernard Cazeneuve, ministre délégué chargé du budget. Monsieur le député Philippe Vigier, George Bernard Shaw disait qu'il existe une catégorie d'hommes politiques qui expliquent systématiquement le lendemain ce qu'ils auraient dû faire la veille, afin qu'aujourd'hui soit différent. En vous écoutant, je me disais qu'il avait parfaitement raison !
En émettant des critiques injustes et outrancières, qui ne vous ressemblent pas, vous venez de qualifier parfaitement le bilan que vous nous avez laissé.
Je souhaite être très précis dans ma réponse. Pour évoquer, à votre suite, les déficits, rien ne vaut les chiffres : lorsque vous avez quitté le pouvoir , le dernier déficit nominal était de 5,3 %. En 2012, au terme d'une loi de finances rectificative prise pour corriger une trajectoire de finances publiques funeste, le déficit était de 4,8 %. Il s'agit bien d'une diminution, ou je ne comprends plus rien à l'arithmétique !
En 2013, pour des raisons qui tiennent au fait que nous avons exécuté avec beaucoup de rigueur les mesures de redressement des comptes prises par mon prédécesseur - ainsi qu'en témoigne l'évolution de la dépense -, le déficit devrait être de 4,1 %. Il sera, l'an prochain, de 3,6 %. Lorsque l'on passe de 5,3 % à 3,6 %, c'est pour vous une augmentation du déficit ; nous y voyons plutôt une diminution ! Je crains, monsieur le député, que vous n'ayez tort et que nous n'ayons raison !
Pour ce qui est de la dépense, monsieur le député, elle a flambé lorsque vous étiez dans la majorité, augmentant de 170 milliards d'euros ! Nous avons divisé par quatre son rythme, et l'exécution du budget 2013 montre que l'exécution de la dépense n'a jamais été aussi exemplaire.
Vous me demandez ce que nous allons faire. Nous continuerons à maîtriser la dépense, afin de contenir les déficits et de redresser ainsi le pays que vous avez affaibli !