Laurence Rossignol, secrétaire d'État chargée de la famille, des personnes âgées et de l'autonomie. Madame la députée, les Français veulent vieillir chez eux le plus longtemps possible et dans les meilleures conditions de vie possibles. C'est à cette préférence de vie que le projet de loi – que Marisol Touraine et moi-même avons présenté ce matin en conseil des ministres – veut répondre. C'est cette espérance de vie qu'il veut accompagner.
Il s'agira d'une loi d'adaptation et de programmation, d'une loi au long cours, qui est attendue à la fois par les familles, par les collectivités territoriales et par les professionnels. Elle a fait l'objet d'une large concertation avec tous les acteurs concernés. Je salue à cet égard le travail réalisé par Mme Delaunay pour mener cette concertation et la faire aboutir à un projet de loi.
Ce projet de loi fait aujourd'hui largement consensus chez tous ceux qui s'intéressent au vieillissement. Il propose de mobiliser la société autour des enjeux du vieillissement, de la prévention et de la prise en charge de la perte d'autonomie. Vous avez mentionné les trois piliers de ce texte : anticipation, adaptation, accompagnement. Il faut anticiper, car on vieillit mieux, collectivement et individuellement, quand on y est préparé. Il faut aussi adapter le logement, l'urbanisme et les transports au vieillissement, car vieillir chez soi ne signifie pas rester chez soi. Il faut enfin accompagner : c'est le sens de l'acte II de l'allocation personnalisée d'autonomie – l'APA.
Avec ce projet de loi, des milliers de familles, des milliers de personnes âgées dépendantes bénéficieront d'un nombre d'heures supplémentaires d'aide à domicile avec un reste à charge inférieur. Plus d'heures d'aide à domicile, et moins de reste à charge : vous voyez que cette réforme est une réforme de justice sociale, madame la députée !
Enfin, le Gouvernement a choisi, pour financer cette réforme, un financement solidaire, avec la contribution additionnelle de solidarité pour l'autonomie. Nous nous retrouverons pour en discuter après l'été ; nous discuterons de tout ce texte dans les meilleurs délais car je vous garantis, madame la députée, qu'il sera adopté. Beaucoup de ministres chargés des personnes âgées ont voulu cette réforme ; elle a été souvent, au cours des dix années passées, reportée, différée. Je pense qu'elle sera prochainement adoptée ; je souhaite qu'elle le soit par le plus grand nombre de parlementaires possible.