Manuel Valls, Premier ministre. C'est une crise économique, sociale, avec un chômage de masse qui dure depuis des années, un endettement et un déficit public. L'honnêteté, monsieur Gaymard, vous qui avez exercé des responsabilités importantes au sein du gouvernement de la France, devrait vous conduire à rappeler qu'entre 2008 et 2012, la dette a explosé , et que nous avons trouvé un déficit du budget de l'État atteignant 140 milliards !
Pourquoi vous dis-je cela ? Non pour créer une nouvelle fois, de manière factice, l'opposition entre la droite et la gauche. Mais je le répète dans cet hémicycle, ce que les Français ne supportent pas, c'est ce genre d'accusations. Je peux même vous donner raison sur un point, monsieur Gaymard. L'anti-sarkozysme, entre 2007 et 2012, ne pouvait pas suffire à faire une politique. Car les Français attendent autre chose que les oppositions stériles qui mènent précisément le pays dans l'impasse.
Oui, il y a une crise économique, il y a aussi une crise politique, il y a une crise d'identité. Pour ma part, je suis de ceux qui croient - et je suis convaincu que sur l'immense majorité des bancs, chacun le croit - que nous devons, nous républicains, en tout cas pour ma famille politique, pleinement nous réapproprier la République, la nation, la patrie et la laïcité, que nous avons laissées à d'autres.
Oui, il y a une crise d'identité parce que depuis des années, on n'a pas expliqué aux Français de quoi était fait le monde et où était la place de la France dans l'Europe et dans le monde.