Michel Sapin, ministre des finances et des comptes publics. Monsieur le député, la France renoue – trop timidement – avec la croissance. Elle avait besoin de cette croissance, compte tenu de la situation qu'elle a connue pendant cinq années consécutives, situation que les rires de ce côté-là de l'hémicycle ne devraient pas faire oublier. Nous sortons donc de cette période où la politique menée et la crise internationale avaient mis la France dans une situation de régression : régression économique, régression sociale, régression budgétaire avec un déficit qui n'avait cessé d'augmenter.
La France renoue donc avec la croissance , mais elle doit accélérer cette croissance. Et pour ce faire, il faut d'abord se tourner vers nos entreprises car c'est dans nos entreprises, grâce à davantage d'investissements, qu'il y aura plus d'emplois et que nous pourrons répondre à l'un des principaux dégâts causés par la crise : le chômage.
Dans le même temps, il faut se tourner vers les plus modestes des Français, ceux qui ont pâti de cette situation sociale et de la crise. Certains d'entre eux, pour des raisons qui tiennent soit à des décisions prises il y a trois ou quatre ans, soit à des décisions plus récentes, se sont mis à devoir payer l'impôt sur le revenu alors que leurs revenus n'augmentaient pas. Comme vous l'avez dit, monsieur le député, nous souhaitons, par une mesure immédiatement applicable dès cet automne, faire en sorte que plus de 1,8 million de ménages ne paient plus l'impôt sur le revenu.
De surcroît, vous disposez de visibilité, vous savez ce qui se fera jusqu'en 2017.
La décision par le débat parlementaire est maintenant entre vos mains : elle permettra de montrer qu'il y a une majorité pour redresser la France.