Véronique LouwagieMa question s'adresse à M. le Premier ministre. Hier après-midi, a débuté dans notre hémicycle l'examen du projet de loi de financement rectificative de la sécurité sociale. Alors que ce texte risque d'être un coup d'épée dans l'eau, parce qu'il ne répond pas aux défis, et qu'il pèsera, une nouvelle fois, sur le pouvoir d'achat des classes moyennes, vous avez décidé, hier soir, de nous priver de vote sur les articles et les amendements, tant que le Gouvernement l'aura décidé.
Cette mise en réserve des votes est en réalité dictée par la fronde d'une partie de votre majorité, que vous souhaitez priver de micro. Votre entourage, monsieur le Premier ministre, a tenté de justifier cette démarche auprès de l'AFP en soulignant qu'il avait été « décidé de réserver les votes à plus tard, car la volonté du Gouvernement, c'est d'avancer sur ce texte extrêmement important » ; « pour le Gouvernement, il s'agit d'assumer et d'aller de l'avant », a-t-on ajouté à Matignon.
Pourtant, certains de nos collègues de la majorité se sentent mal à l'aise, certains parlant de « crise des institutions », de « décalage entre le Gouvernement et le Parlement » ou d'un « gouvernement qui ne recule devant rien ».
Monsieur le Premier ministre, cette innovation sur un texte d'une importance majeure est contestable et inadmissible. Comment assurerez-vous la publicité de votre catalogue de mesures contenues dans le projet de loi de financement rectificative de la sécurité sociale, sans son ni image ? Ne trouvez-vous pas, en tant qu'ancien député, que ce recours bâillonne la voix des représentants de la nation,…