Nicolas Dupont-AignanMonsieur le Premier ministre, j'avais imaginé vous poser une question sur l'état de nos forces de défense, mais M. Meunier vous a déjà interrogé à ce sujet. Votre manière de répondre me conduit à vous demander très directement pourquoi, à chaque fois que l'opposition pose une question précise, et gênante par essence, vous vous réfugiez derrière les « valeurs de la République » et le « rassemblement des Français », en accusant l'opposition de « diviser ». S'opposer, ce n'est pas diviser, c'est participer au débat démocratique. La République que vous invoquez à tout bout de champ, nous la défendons tous et nous y adhérons tous. L'idéal du rassemblement des Français, nous le voulons tous. Mais, monsieur le Premier ministre, les mots seuls peuvent-ils permettre de défendre la République ? Les actes de votre Gouvernement sont-ils bien là pour ce faire ?
Il n'y a pas de République quand la police est découragée. Dans notre département de l'Essonne, que vous connaissez bien, vous allez supprimer, cette année même, une centaine d'agents. Les policiers sont molestés, insultés, jamais défendus. Il n'y a pas de République quand la justice est laxiste, et la loi Taubira que vous venez de voter va considérablement aggraver la situation. Vous le savez tous ! Des milliers de délinquants vont être libérés de prison ! C'est cela, la réalité du pays ! C'est cela que vivent nos concitoyens ! Il n'y a pas de République quand les frontières sont des passoires et quand les communautarismes se développent. Il n'y a pas de rassemblement possible quand l'économie est à l'arrêt, quand les entreprises n'embauchent plus et quand les jeunes dans les quartiers sont oisifs. Voilà la réalité du pays !
Les Français se posent une question simple, monsieur le Premier ministre, et plus encore après l'intervention hier du Président de la République : quand allez-vous sortir de votre bulle et du déni permanent de réalité ? Quand allez-vous voir ce que vivent nos concitoyens, leurs souffrances et leurs difficultés ?