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Historique


1 févr. 2023 09:30 : Examen du texte

6 févr. 2023 : 38 amendements en Assemblée nationale de la 16ème législature

9 févr. 2023 15:00 : Discussion
9 févr. 2023 : 🗳️Vote sur la loi (première lecture) : 👍Adopté
9 févr. 2023 : Confiée à Commission (du Sénat) des finances

6 avr. 2023 09:00 : Discussion
6 avr. 2023 : Modifiée par Sénat ( 5ème République )



13 avr. 2023 - 29 avr. 2023 : 44 amendements en Assemblée nationale de la 16ème législature

4 mai 2023 15:00 : Discussion
4 mai 2023 21:30 : Discussion
4 mai 2023 : Adoptée avec modifications par Assemblée nationale de la 16ème législature
4 mai 2023 : Confiée à Commission (du Sénat) des finances

24 janv. 2024 09:00 : Discussion
24 janv. 2024 : Modifiée par Sénat ( 5ème République )



24 févr. 2024 - 28 févr. 2024 : 22 amendements en Assemblée nationale de la 16ème législature

29 févr. 2024 09:00 : Discussion
29 févr. 2024 : 🗳️Vote sur la loi (troisième lecture) : 👍Adopté
29 févr. 2024 : Adoptée avec modifications par Assemblée nationale de la 16ème législature
29 févr. 2024 : Confiée à Commission (du Sénat) des finances

3 avr. 2024 09:00 : Discussion
3 avr. 2024 : Modifiée par Sénat ( 5ème République )

11 avr. 2024 : ✍🏻Promulgation par 🇫🇷Présidence de la République : M. Emmanuel Macronvisant à protégerle groupe Électricité de France d'un démembrement
Originalv2v3v4v5v6v7v8v9
📜Proposition de loi visant à la nationalisation du groupe électricité de france
Philippe Brun
23 déc. 2022

🖋️Amendements examinés : 100%
4 Adoptés14 Rejetés
2 Irrecevables
1 Tombés
Liste des Amendements
Titre
🖋️Adopté
Philippe Brun
30 janv. 2023

Au titre de la proposition de loi, substituer aux mots :

« la nationalisation du groupe Électricité de France »,

les mots :

« protéger le groupe Électricité de France et la souveraineté énergétique française ».


Article 1
🖋️Rejeté
Jean-René Cazeneuve
27 janv. 2023

Supprimer cet article.

🖋️Rejeté
Emmanuel Lacresse
28 janv. 2023

Supprimer cet article.

🖋️Irrecevable
Sébastien Rome
27 janv. 2023

Compléter cet article par l’alinéa suivant :

« L’article L. 336‑1 du code de l’énergie est abrogé. »

🖋️Irrecevable
Clémence Guetté
27 janv. 2023

Compléter cet article par l’alinéa suivant :

« La loi n° 2010‑1488 du 7 décembre 2010 portant nouvelle organisation du marché de l’électricité est abrogée. »


Article 2
🖋️Adopté
Philippe Brun
27 janv. 2023

Àl’alinéa 3, après les mots :

« la distribution »,

insérer les mots :

« la commercialisation, ».

🖋️Rejeté
Jean-René Cazeneuve
27 janv. 2023

Supprimer cet article.

🖋️Rejeté
Emmanuel Lacresse
28 janv. 2023

Supprimer cet article.

🖋️Rejeté
Sébastien Rome
27 janv. 2023

I. – À l’alinéa 4, supprimer le mot :

« nucléaire ».

II. – Après les mots :

« et thermique ; »,

insérer les mots suivants :

« la planification de la sortie progressive de l’énergie nucléaire à mesure que celle-ci sera remplacée par des énergies renouvelables et par le renforcement de l’efficacité énergétique et de la sobriété, dans des conditions justes et garantes de l’emploi et des rémunérations ».

🖋️Rejeté
Clémence Guetté
27 janv. 2023

Après l’alinéa 5, insérer l'article suivant :

« En application de l’exercice des activités mentionnées au présent article, la société Électricité de France ne peut procéder, dans une résidence principale, à l’interruption, y compris par résiliation de contrat, pour non-paiement des factures, de la fourniture d’électricité, de chaleur ou de gaz aux personnes ou aux familles. »

🖋️Rejeté
Sébastien Rome
27 janv. 2023

Après l’alinéa 5, insérer l'alinéa suivant :

« En application de l’exercice des activités mentionnées au présent article, la société Électricité de France fait bénéficier les consommateurs finals domestiques, y compris les propriétaires uniques et les syndicats de copropriétaires d’un immeuble unique à usage d’habitation, de quantités d’énergies gratuites au titre des besoins énergétiques individuels fondamentaux. Ces quantités gratuites sont calculées à partir d’une quantité de référence modulée en fonction du nombre d’individus domiciliés dans le logement, de la zone climatique dans laquelle le logement est situé et de son mode de chauffage. Ces quantités seront fixées par décret en Conseil d’État. Au-delà de ces quantités correspondant aux besoins énergétiques fondamentaux, il est établi une tarification progressive visant à lutter contre les mésusages, selon des modalités précisées par décret en Conseil d’État. »

🖋️Rejeté
Maxime Laisney
27 janv. 2023

Compléter l’alinéa 6 par la phrase suivante :

« Les statuts de la société mère et des filiales prévoient par une clause spécifique d’inaliénabilité des actions détenues par l’État. »

🖋️Rejeté
Maxime Laisney
27 janv. 2023

Compléter l’alinéa 6 par la phrase suivante :

« La part publique du capital des filiales de la société Électricité de France est également incessible. »

🖋️Rejeté
Clémence Guetté
27 janv. 2023

Compléter l’article 2 par l’alinéa suivant :

« L’objectif de produire 100 % d’énergie renouvelable est inscrit dans les statuts de la société Électricité de France. »

🖋️Rejeté
Alexandre Sabatou
28 janv. 2023
Après l'article 2, insérer l'article suivant:

I. – Les articles L. 111‑1 à L. 111‑38 du code de l’énergie sont abrogés.

II. – Les articles L. 111‑40 à L. 111‑46 du code de l’énergie sont abrogés.

III. – Les articles L. 321‑1 à L. 321‑5 du code de l’énergie sont abrogés.

🖋️Rejeté
Alexandre Sabatou
28 janv. 2023
Après l'article 2, insérer l'article suivant:

I. – L’article L. 111‑1 du code de l’énergie est abrogé.

II – Les articles L. 111‑57 à L. 111‑66 du code de l’énergie sont abrogés.


Article 3
🖋️Adopté
Philippe Brun
30 janv. 2023

Rédiger ainsi cet article : 

« Au 1er juillet 2023, si l’offre publique d’achat simplifiée de la société EDF initiée par l’État français portant le visa n° 22‑464 n’a pas été menée à son terme, une commission administrative nationale d’évaluation composée du premier président de la Cour des comptes, président, du gouverneur de la Banque de France, du président de la section des finances du Conseil d’État, du président de la chambre commerciale, financière et économique de la Cour de cassation et d’un membre du Conseil économique et social désigné par le président de cette assemblée est chargée de fixer la valeur d’échange à cette date des actions d’EDF. »

🖋️Adopté
Philippe Brun
31 janv. 2023
Après l'article 3, insérer l'article suivant:

« Article 3 bis

I. – Rédiger ainsi l’article L. 337‑8 du code de l’énergie :

« Art. L. 337‑8. I. – Les tarifs réglementés de vente de l’électricité mentionnés au même article L. 337‑1 bénéficient, à leur demande :

« 1° aux consommateurs finals domestiques et non domestiques pour leurs sites situés dans les zones non interconnectées au réseau métropolitain continental.

« 2° à titre exceptionnel pour une période allant du 1er janvier 2023 au 31 décembre 2023, aux consommateurs finals non domestiques pour leurs sites souscrivant une puissance inférieure ou égale à 250 KVa qui emploient moins de dix personnes et dont le chiffre d’affaires, les recettes ou le total de bilan annuels n’excèdent pas 2 millions d’euros.

« II. – Pour l’application du 2° du I du présent article et par dérogation à l’article L. 121‑5 du présent code, le tarif réglementé de vente sera proposé par tous les fournisseurs d’électricité et pourra, durant la période allant du 1er janvier 2023 au 31 décembre 2023 se substituer aux contrats de fourniture en cours des consommateurs concernés. »

II. – Le dispositif sera notifié à la Commission européenne conformément directive n° 2019/944 du 5 juin 2019 concernant des règles communes pour le marché intérieur de l’électricité.

🖋️Rejeté
Emmanuel Lacresse
28 janv. 2023

Supprimer cet article.

🖋️Rejeté
Frédéric Cabrolier
28 janv. 2023
Après l'article 3, insérer l'article suivant:

Électricité de France et les distributeurs non nationalisés locaux dont la liste est fixée par décret sont les gestionnaires des réseaux publics de distribution d’électricité.

🖋️Tombé
Alexandre Sabatou
28 janv. 2023

À l’article 3, substituer au nombre :

« 14 »,

le nombre :

« 12 ».

 

Exposé des motifs • ⏱️Lecture 5min.

Mesdames, Messieurs,

Il y a un peu plus de soixante‑dix ans, le Gouvernement provisoire de la République française (GPRF) dirigé par le général de Gaulle décidait de nationaliser l’énergie en créant Électricité de France. Inspirée par le programme du Conseil national de la Résistance, la loi du 8 avril 1946 sur la nationalisation de l’électricité et du gaz était parvenue à rassembler les élus de la Nation par‑delà les clivages politiques. Dans un pays meurtri par la guerre et l’occupation, la nationalisation de l’électricité, “armée de la reprise économique”, était devenue “une question vitale pour la France et son indépendance” selon Marcel Paul, ministre de la production industrielle.

À l’heure où la guerre sonne à nouveau aux portes de l’Europe, la grave crise énergétique à laquelle notre pays est confronté rend nécessaire l’adoption d’une nouvelle loi de nationalisation.

Nationaliser, car la France est confrontée aujourd’hui à des défis dont l’ampleur nécessite que l’État‑stratège récupère le plein contrôle d’EDF, un de ses outils les plus précieux. “Armée de la reprise économique”, l’électricité est aussi devenue le vecteur crucial d’une transition énergétique dont le contexte international n’a fait qu’amplifier l’urgence. Le changement climatique, le coût économique et le chantage énergétique dont l’Europe est désormais la cible nous rappellent l’impérieuse nécessité d’assurer à la fois la décarbonation et l’indépendance du mix énergétique de la France. L’électricité est par conséquent la pierre angulaire de la stratégie nationale pour y parvenir. Aussi, la France doit en assurer une production croissante, pérenne et sécurisée. Ce triple objectif implique qu’EDF et l’État agissent de concert et dans le seul intérêt général afin d’organiser et de coordonner cette transformation d’une ampleur inédite dans notre histoire récente.

Pendant soixante‑dix ans, EDF a su assurer la production et la distribution de l’électricité dans tout le pays. Ce succès, le service public de l’énergie le doit en grande partie à son organisation reposant sur une structure unique rassemblant différentes activités de production d’énergie et assurant le financement croisé des investissements les plus importants par les activités les plus rentables.

Pourtant aujourd’hui, ce modèle est menacé. Malgré l’abandon officiel du projet Hercule, le choix du Gouvernement de lancer une offre publique d’achat (OPA) coûtant 9,7 milliards d’euros au contribuable pour monter au capital d’une entreprise déjà détenue à 84 % par l’État ne peut qu’interroger. Plus inquiétant, le rapport spécial n° 292 sur les participations financières de l’État annexé au projet de loi de finances pour 2023 a montré que “la montée au capital d’EDF pourrait être un préalable à la réorganisation du groupe selon les pistes étudiées dans le cadre du projet Hercule, à savoir une séparation respectivement des activités nucléaires, des concessions hydroélectriques et des activités liées aux énergies renouvelables”. Dans le cadre de deux contrôles sur place réalisés auprès de l’Agence des participations de l’État (APE), le rapporteur spécial a ainsi consulté plusieurs documents présentant la sortie de cote d’EDF SA par rachat des minoritaires comme un préalable à “une filialisation de tout ou partie des activités du groupe liées à la transition énergétique, suivie le cas échéant de leur introduction en bourse”.

Tous les éléments à notre disposition portent donc à craindre que le Gouvernement souhaite faire de l’État l’actionnaire unique d’EDF afin d’avoir les mains libres pour procéder à son démantèlement et à la privatisation de ses activités les plus rentables, à savoir le secteur des énergies renouvelables, tandis que les investissements dans le nucléaire continueraient d’être financés par l’argent public. Ainsi décomposé, EDF perdrait l’avantage d’une structure unique garante d’une trésorerie solide et tournée vers des investissements d’avenir. Un tel projet, aussi nommé “Grand EDF”, reviendrait à socialiser les pertes et à privatiser les profits du service public de l’énergie. Il est d’autant plus inacceptable que le Gouvernement, en privilégiant une OPA à une loi de nationalisation, a délibérément tenu le Parlement et les citoyens éloignés d’une décision qui les intéresse pourtant au premier chef.

La présente proposition de loi prévoit donc à l’article 1er de nationaliser EDF afin de garantir la propriété publique et l’unité du service public de l’énergie. En cela, la nationalisation d’EDF s’inscrit dans l’héritage du CNR et dans la droite ligne du préambule de la Constitution de 1946 disposant que “tout bien, toute entreprise, dont l’exploitation a ou acquiert les caractères d’un service public national ou d’un monopole de fait, doit devenir la propriété de la collectivité”.

L’article 2 modifie le code de l’énergie pour faire d’EDF un groupe public unifié dont le capital est détenu intégralement par l’État au lieu de 70 % en l’état actuel du texte. Il énumère les activités du groupe pour les préserver de toute possibilité de démembrement et rend le capital d’EDF incessible. Si le Gouvernement souhaite démembrer et privatiser une partie des activités d’EDF, il sera donc contraint à l’avenir de faire adopter par le Parlement un projet de loi de privatisation, au lieu de le contourner comme le lui permet une OPA.

La nationalisation d’EDF inscrite dans la présente proposition de loi prévoit à l’article 3 une indemnisation juste et préalable des actionnaires minoritaires d’EDF dans des conditions plus favorables que celles proposées par l’État par voie d’OPA. Fixée actuellement à douze euros par action, cette offre nous semble déraisonnable et ne reflète pas la valeur réelle de l’entreprise. Aussi, le présent article introduit un prix unitaire de quatorze euros par action, tenant compte de la réclamation indemnitaire en cours de 8,34 milliards d’euros vis‑à‑vis de l’État et compatible avec l’enveloppe déjà votée de 12,7 milliards d’euros dans la loi du 16 août 2022 de finances rectificative pour 2022.

Conformément à l’article 40 de la Constitution, la montée de l’État au capital d’EDF est gagée financièrement à l’article 4 par la création à due concurrence d’une taxe additionnelle sur le tabac, même si nous appelons évidemment le Gouvernement à lever ce gage.

Article 1

La société Électricité de France est nationalisée.

Article 2

L’article L. 111‑67 du code de l’énergie est ainsi rédigé :

« Art. L. 11167.  L’entreprise dénommée « Électricité de France » est un groupe public unifié. Ses activités sont les suivantes :

« 1° La production, le transport, la distribution, l’importation et l’exportation d’électricité ;

« 2° Le développement, la construction, l’exploitation et la maintenance des sources d’énergie hydraulique, nucléaire, renouvelable et thermique ;

« 3° La prestation de services énergétiques.

« Son capital est détenu intégralement par l’État. Il est incessible. »

Article 3

Les détenteurs d’actions transférées à l’État en application de l’article 1er sont indemnisés par celui‑ci, dans un délai de trois mois à compter de la publication de la présente loi, à un prix unitaire de 14 euros par action.

Article 4

I. – La perte de recettes pour l’État est compensée à due concurrence par la création d’une taxe additionnelle à l’accise sur les tabacs prévue au chapitre IV du titre Ier du livre III du code des impositions sur les biens et services.

II. – La charge pour l’État est compensée à due concurrence par la création d’une taxe additionnelle à l’accise sur les tabacs prévue au chapitre IV du titre Ier du livre III du code des impositions sur les biens et services.

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