À
Delphine Batho,
Ministère de l'écologie, du développement durable et de l'énergie, 🧭Gouvernement Ayrault 2 •
22 janv. 2013M. Thierry Robert attire l'attention de Mme la ministre de l'écologie, du développement durable et de l'énergie sur la charte du parc national de La Réunion actuellement en phase d'enquête publique. Au-delà de la nécessaire protection de la biodiversité exceptionnelle de La Réunion, l'arrivée du parc national avait été également présentée comme un outil au service du développement durable de La Réunion et de la valorisation de ses traditions et de sa culture. Aujourd'hui la charte, telle qu'elle est rédigée, se présente davantage comme un catalogue de bonnes intentions, dont les modalités de mise en œuvre restent trop floues sur un plan juridique, administratif et financier. Si bien que ne subsistent que les aspects réglementaires et la vision "conversationniste" au sein du projet de charte, qui ne permet pas de répondre aux besoins d'une population en grande difficulté socio-économique et prive les élus locaux de leurs prérogatives dans le cœur au profit du seul directeur de l'établissement public parc national. S'il est primordial de protéger nos espaces naturels, il faut le faire en prenant plus en compte les réalités du terrain que les contraintes imposées par l'UNESCO. À La Réunion, 170 000 habitants vivent dans le périmètre du parc, sans compter le reste de la population qui fréquente le cœur de l'île. C'est une donnée sociologique trop vite sous-estimée et illustrée par l'absence de volonté d'associer la population à l'élaboration du projet, alors qu'elle est la première concernée. La vie dans les Hauts de La Réunion y fut et y reste rude. La norme environnementale semble se soucier fort peu de la condition sociale de ces habitants, pourtant les plus pauvres du pays. Elle accroît leurs difficultés en les présumant incapables de gérer les ressources de leur environnement. La protection de l'environnement s'affirme comme un thème politique majeur en raison de son importance dans le champ d'application du développement durable. Toutefois, le « pilier » social est complètement occulté dans ce projet de charte du parc national de La Réunion et semble à l'origine de nombreux problèmes de gouvernance récurrents au sein de la structure. En conséquence, il lui demande, d'une part, comment l'État au travers de la charte du parc national, entend maintenir en faveur de la population réunionnaise et des collectivités locales, leur capacité d'intervention sur leur territoire et la maîtrise locale de leur développement et, d'autre part, si elle entend réviser la loi n° 2006-436 relative aux parcs nationaux dans un sens permettant de prendre en compte l'homme, qui appartient aussi à la biodiversité, dans la gestion des parcs nationaux.