À
Pierre Moscovici,
Ministère de l'économie et des finances, Gouvernement Ayrault 2 •
26 mars 2013M. Jean-Marie Le Guen attire l'attention de M. le ministre de l'économie et des finances sur la question de la taxation du diesel pour les particuliers. Un récent rapport de la Cour des comptes, daté de décembre 2012, a mis l'accent sur l'inefficacité fiscale, économique et écologique du régime dérogatoire dont bénéficie le diesel (0,42 centime par litre au lieu de 0,60). Or, aujourd'hui, le diesel représente 60 % du parc automobile français (contre 4,8 % en 1980) et les trois quarts des immatriculations de voitures neuves. Ses chiffres traduisent une méconnaissance du coût réel du diesel pour les ménages. En effet, avec la réduction de l'écart de consommation au kilomètre entre les véhicules diesel et essence (0,8 l pour 100 kilomètres), et le prix d'achat, d'entretien et d' assurance plus élevé pour le diesel, les véhicules diesel ne sont rentables qu'au-delà de 20 000 kilomètres par an. Seuls 30 % des propriétaires d'un diesel sont alors concernés. La politique fiscale incitative en faveur du diesel a aussi un coût économique très élevé. En 2011, la Cour des comptes estime le manque à gagner à près de 6,9 milliards d'euros. Selon la Cour, la balance commerciale de la France s'en trouve, par ailleurs, fortement affectée car l'industrie française « produit trop peu de gazole et trop d'essence par rapport à la consommation actuelle ». En conséquence, des milliers d'emplois et des raffineries sont aujourd'hui menacés. Enfin, l'impact écologique et sanitaire de ce carburant est significativement plus négatif que l'essence. En effet, les particules fines émises par le gazole sont 30 à 100 fois supérieures à celles émises par l'essence. Elles sont responsables de milliers de morts prématurées chaque année et favorisent de nombreuses pathologies comme les troubles respiratoires et les cancers. La Commission européenne a, d'ailleurs, saisie la Cour de justice de l'Union européenne, en 2011, pour manquement de la France à ses obligations en matière d'amélioration de la qualité de l'air. La France s'expose ainsi à une amende de 100 millions d'euros dès 2014. Aussi, il souhaiterait savoir quelles sont les propositions du Gouvernement en vue d'harmoniser progressivement la fiscalité sur les carburants de manière neutre fiscalement pour l'ensemble des consommateurs, et d'améliorer l'information sur le coût et l'impact environnemental et sanitaire des voitures roulant au diesel.