À
Delphine Batho,
Ministère de l'écologie, du développement durable et de l'énergie, 🧭Gouvernement Ayrault 2 •
9 avr. 2013M. Jacques Moignard appelle l'attention de Mme la ministre de l'écologie, du développement durable et de l'énergie sur l'avenir de la filière piscicole française face à l'inquiétante prolifération du grand cormoran qui, depuis 1979, bénéficie du statut d'espèce protégée au titre du régime général de protection de toutes les espèces d'oiseaux visées à l'article 1er de la directive européenne n° 79-409 relative à la conservation des oiseaux sauvages. Bien que menacée d'extinction dans les années 1970, la population de cormorans a crû de manière exponentielle au cours des années 1980. Une situation qui n'est pas sans conséquence pour les exploitations piscicoles qui accusent de lourdes pertes, pouvant atteindre jusqu'à 15 % de leur production. Ainsi, en quarante ans, la population de cormorans a été multipliée par 100 dans notre pays, et menace à présent la survie des espèces de poissons protégées. Dans le département du Tarn-et-Garonne, qui ne fait pas exception à la règle, on dénombre 2 752 cormorans en janvier 2013, soit 882 spécimens de plus qu'en 2012. Pour atténuer l'explosion démographique des cormorans, il est toutefois possible, conformément aux dispositions de l'article L. 411-2 du code de l'environnement, de déroger au principe d'interdiction de destruction des spécimens, notamment pour prévenir des dommages importants occasionnés aux piscicultures. Dans la pratique, force est de constater que ces mesures dérogatoires, aux conditions restrictives, se révèlent clairement inadaptées dès lors qu'elles ne prennent pas suffisamment en compte l'ampleur de la prolifération constatée au niveau départemental. C'est pourquoi il souhaite connaître les intentions du Gouvernement sur ce sujet afin de réguler efficacement la population de cormorans, tout en conciliant pérennité de l'espèce, protection des intérêts économiques et du milieu aquatique.