Manuel Valls, Premier ministre. La compagnie nationale, confrontée à des défis majeurs, dont la concurrence, n'a pas d'autre possibilité que de procéder à des réformes nécessaires, partagées par tous.
Ce matin même, je suis allé dans les locaux d'Air France, à Roissy, pour rendre hommage et exprimer mon soutien, ma solidarité, mon affection – et, je pense, celle de tous – aux deux cadres et à tous ceux qui ont été humiliés, frappés, molestés. Cet acte est évidemment intolérable.
Il devra faire l'objet de sanctions exemplaires. La justice a été saisie. La police mène une enquête indispensable, car dans notre pays – et pas seulement pour des raisons d'image, même si celles-ci sont essentielles –, la violence est intolérable, et doit être condamnée avec la plus grande force.
J'en appelle une nouvelle fois à la responsabilité de chacun en vous mettant en garde contre toute confusion. Monsieur le député, soyez sérieux : je ne sache pas que le Syndicat national des Pilotes de ligne ait appelé à voter en 2012 pour François Hollande.
Alors que cette organisation se refuse à toute discussion sérieuse sur l'avenir de la compagnie, il appartient aux pilotes d'Air France de faire preuve de lucidité.
Eux qui accomplissent un métier admiré et s'acquittent d'une mission essentielle – transporter des millions de passagers par an – doivent s'asseoir autour de la table, discuter et participer à la recherche de la solution pour l'avenir d'Air France.
Enfin, vous avez prononcé le mot de « chienlit », que nous avons déjà entendu en fin de matinée. La remise en cause permanente des corps intermédiaires, des syndicats, de l'indépendance de la justice et de ce qui fonde la démocratie, par ce mot de « chienlit », qu'a employé également Nicolas Sarkozy, est dangereuse.
Puisqu'il existe un débat dans notre pays sur une certaine conception de la démocratie et sur une certaine vision de la France, affrontons-le.
Vous voulez abattre les corps intermédiaires, remettre en cause les syndicats, politiser. Non, la négociation, le dialogue social, le respect des corps intermédiaires, de la démocratie, des syndicats, des élus et des associations, et plus largement des Français, ainsi que d'une certaine idée de la France, nous les défendrons.