Laurent Fabius, ministre des affaires étrangères et du développement international. Monsieur Lellouche, la France est indépendante, j'insiste sur ce mot. Nous sommes indépendants des États-Unis , nous sommes indépendants de la Russie, mais nous ne sommes pas indépendants de l'intérêt de la France et des Français : telle est notre ligne directrice.
Notre objectif est, premièrement, de frapper le groupe terroriste Daech. Nous l'avons fait en Irak, depuis maintenant un an, nous le faisons depuis quelques semaines en Syrie, dans le cadre de la légitime défense.
Deuxièmement, nous voulons obtenir l'arrêt des bombardements à la dynamite de Bachar Al Assad à l'encontre de la population civile ; une résolution sera déposée en ce sens.
Troisièmement, comme il n'y a pas seulement une action militaire à mener mais, évidemment, une action politique, nous entendons plaider pour la transition politique et, oui, monsieur Lellouche, pour faire en sorte qu'in fine, M. Bachar Al Assad ne soit plus aux responsabilités. Cela pas seulement pour une raison morale, parce qu'il est responsable de 80 % des 250 000 morts de Syrie, ce dont il faut tout de même se rappeler , mais aussi pour des raisons d'efficacité. En effet, si l'on prétend comprendre la situation en Syrie – comme vous vous y employez, à juste titre –, il faut bien avoir conscience que le meilleur aliment du terrorisme, ce sont les exactions menées depuis quatre ans par M. Bachar Al Assad, et qu'il n'est pas possible que le bourreau d'un peuple soit proposé comme étant l'avenir de ce peuple.
C'est de cela, monsieur Lellouche, que nous discutons avec l'Iran dont nous avons rencontré les représentants à New York, avec les États-Unis d'Amérique que j'ai rencontrés par l'intermédiaire de M. Kerry, avec le président Poutine qui était en France, avec les Arabes, avec les Turcs, avec l'ensemble des parties prenantes car nous croyons, nous, envers et contre tout, à la nécessité de la paix.