Jean-Pierre BarbierMa question s'adresse à M. le Premier ministre et j'y associe mon collègue Alain Moyne-Bressand. La commune de Moirans, située dans l'Isère, a été hier le théâtre de scènes de violences et de guérilla urbaine inadmissibles et inexcusables. Au prétexte d'une décision de justice défavorable quant à une permission de sortie de prison pour des obsèques, des individus se sont livrés à de véritables actes de guerre civile, durant plusieurs heures : voitures brûlées, bâtiments publics saccagés, routes et voies ferrées bloquées, mairie assiégée. C'est la terreur qui a régné à Moirans. Je veux rendre hommage aux habitants, aux riverains, pour leur sang-froid ainsi qu'aux élus locaux et en particulier au maire de Moirans, qui a dû faire face seul, dans les premiers instants, à ce déchaînement de violence. J'adresse également mes remerciements aux forces de l'ordre et aux sapeurs-pompiers qui, sous l'autorité du préfet, sont intervenus avec efficacité dans un contexte extrêmement tendu pour ramener le calme et la sécurité sans qu'aucune victime ne soit à déplorer.
Monsieur le Premier ministre, rien ne justifie ce qui vient de se passer. Les auteurs de ces actes devront être recherchés et condamnés. La justice et l'État ne doivent pas plier. Un défi est lancé, depuis quelques mois, à la République par des minorités. Sans faire d'amalgame, je considère que toute contestation par la violence d'une décision de justice, qu'elle concerne des enjeux environnementaux ou sociétaux, n'est pas acceptable et ne devrait pas ouvrir de droit au dialogue. Sinon, demain, la violence serait légitimée et ce serait l'anarchie qui régnerait dans notre pays.
J'ai entendu des déclarations de condamnation et de fermeté du Gouvernement. Elles sont conformes à une attitude républicaine que je partage. Mais au-delà des déclarations, ce sont des actes qu'attendent aujourd'hui les Français et les habitants de l'Isère, dans ce cas particulier mais aussi de manière plus générale. Êtes-vous prêt, monsieur le Premier ministre, à adopter cette attitude de fermeté à propos de tous les sujets qui ont émaillé l'actualité au cours de ces derniers mois ?