Martine Carrillon-CouvreurMadame la ministre des affaires sociales, de la santé et des droits des femmes, il y a soixante-dix ans, sous l'impulsion du Conseil national de la Résistance, notre République instaurait l'un des systèmes de protection les plus performants au monde : la Sécurité sociale.
Depuis, cette grande idée a été bousculée au fil du temps par un déséquilibre chronique de ses comptes, dû principalement au chômage et à l'allongement de la durée de la vie. Certains mouvements d'opinion ont alors utilisé les déficits pour prôner, au travers d'un libéralisme exacerbé, le recours au système d'assurances privées.
À force de se faire entendre, ces mouvements ont réussi à inquiéter les Français sur l'avenir de notre système de protection sociale. Fort heureusement, ce modèle où « chacun cotise selon ses moyens et reçoit selon ses besoins » est suffisamment solide pour continuer à assurer à tous une couverture sociale efficace.
Afin de pérenniser et de renforcer cette protection, vous poursuivez, madame la ministre, trois objectifs : la préservation des acquis sociaux, la conquête de nouveaux droits, l'assainissement de nos comptes publics.
Ainsi, depuis 2012, nous avons rétabli la retraite à soixante ans pour les carrières longues, revalorisé de 10 % le RSA et l'aide à la complémentaire santé pour les personnes âgées, pris en compte la pénibilité au travail, rendu gratuite la contraception pour les mineures et mis en place le remboursement à 100 % de l'IVG.
Pour la première fois depuis plus de dix ans, votre action permet de faire reculer les inégalités tout en redressant les comptes sociaux.