Manuel Valls, Premier ministre. Si je peux parfaitement comprendre vos sentiments profonds, monsieur le député, je ne peux en revanche pas accepter ici, dans cet hémicycle, les mots que vous avez utilisés ni la mise en cause de la magistrature.
Bien sûr, monsieur Guaino, un magistrat, comme un haut fonctionnaire, un policier, un responsable public est évidemment responsable de ses actes. Vous avez d'ailleurs cité une affaire qui a donné lieu à une commission d'enquête animée par deux parlementaires qui siègent ou siégeaient dans cette Assemblée.
Mais, précisément, au nom même des valeurs de la République – que vous partagez par ailleurs –, au nom même de l'idée de la séparation des pouvoirs, le respect de l'indépendance de la justice et des hommes et des femmes qui font la magistrature s'impose.
Leur mise en cause dans cet hémicycle par un député comme vous, avec la notoriété qui est la vôtre, revient à affaiblir l'État de droit , la République, les fondements qui sont les siens ainsi que ses valeurs
Parce que vous êtes précisément attaché à ces valeurs, je vous en conjure, monsieur le député, abandonnez ce discours, reprenez vos esprits et revenez sereinement au cadre républicain, soit, au respect des pouvoirs !