Manuel Valls, Premier ministre. Quand un député de la nation, la semaine dernière, parle des magistrats comme « des pervers, des psychopathes, des militants aveuglés par leur idéologie », quand un candidat à la primaire cède à la plus grande démagogie et accuse le chef de l'État d'instrumentaliser la dramatique situation de Calais pour faire le jeu du Front national, quand le soutien d'un autre candidat évoque une technique électorale, quand l'opposition n'a de cesse de remettre en cause la garde des Sceaux en instrumentalisant les chiffres de la délinquance et de la population carcérale, quand un ancien Président de la République estime – vous l'avez rappelé – que l'État n'a plus d'autorité après avoir lui-même supprimé près de 13 000 postes dans la police et la gendarmerie de même que des centaines de postes de magistrats après avoir également lui-même affaibli l'institution judiciaire en remettant en cause plusieurs fois des décisions prises par des juges indépendants, comment voulez-vous que les Français aient confiance en la justice, dans les forces de l'ordre et dans la République ? Comment voulez-vous qu'ils reconnaissent l'autorité de l'État quand un ancien Président de la République, l'opposition et la droite se livrent à de telles attaques contre les fondements mêmes de la République ?
C'est tout cela qui affaiblit l'autorité de l'État !
Lorsque l'on est dans l'opposition, que l'on a gouverné et que l'on aspire à gouverner à nouveau, on se comporte différemment en étant digne de la situation que connaît le pays !
Parce que l'opposition est incapable d'avoir cette attitude, parce que nous faisons face à l'extrême droite, madame la députée, c'est ce Gouvernement et cette majorité qui, avec le Président de la République, incarnent plus que jamais la République, l'autorité et l'avenir du pays.