Arnaud RobinetMadame la ministre des affaires sociales, de la santé et des droits des femmes, la lenteur des procédures législatives et des navettes parlementaires a au moins un mérite, celui de montrer aux Français à quel point vous êtes dans l'impasse avec votre politique.
Cette impasse commence avec un grand i.
I comme improvisation, tout d'abord sur le principe même de votre texte sur la santé. Annoncé en 2012, ce projet de loi n'arrive qu'en seconde moitié de quinquennat et ses principales mesures, comme le tiers payant généralisé, sont si mal préparées que leur application est renvoyée après 2017.
I comme indifférence, à l'égard des terroirs, à l'égard des femmes et des hommes qui ont fait progresser leurs appellations, qui font le rayonnement international de la France et qui n'ont pas à être traités comme les empoisonneurs de notre jeunesse, et je salue le vote de la commission des affaires sociales.
I comme idéologie, avec cette méfiance à l'égard des industries de santé, qui subissent le yo-yo des taxes et des règles en tout genre.
I comme idéologie encore, avec cette obsession d'opposer le public au privé, des règles différentes étant appliquées à des praticiens qui font le même métier : soigner les Français. Madame la ministre, les Français ont le droit de choisir leur médecin et leur chirurgien en toute confiance.
I comme intolérance, l'intolérance au dialogue que vous développez face aux professionnels de santé, obligés de multiplier les journées de grève, comme ce vendredi, pour obtenir une autre réponse que votre condescendance technocratique.
I comme incapacité, devant les vrais enjeux de la santé au quotidien. Votre projet de loi ne dit rien sur la rémunération des médecins, et rien non plus sur les restes à charge à cause desquels des millions de Français renoncent aujourd'hui aux soins dentaires et optiques.
Enfin, I comme Icare, Icare que vous imitez depuis 2012. Icare s'est brûlé les ailes en voulant trop s'approcher du soleil. Comme lui, à trop vouloir vous approcher d'un modèle étatiste, vous allez détruire notre système de santé.
Oui, votre projet de loi nuit gravement à la santé. Alors changez-le pendant qu'il en est encore temps.