Manuel Valls, Premier ministre. Monsieur le président, mesdames et messieurs les parlementaires, laissez-moi rendre hommage au chancelier Helmut Schmidt, dont nous venons d'apprendre le décès. Nous savons quelle a été sa place à la tête de ce pays ami, l'Allemagne, et combien il a contribué aux liens entre la France et l'Allemagne. Il éclairait toujours, par son verbe et sa personnalité, la réflexion sur le rôle et la place de l'Allemagne en Europe, et sa relation privilégiée avec la France.
Madame la députée, la ministre de l'éducation nationale participe à une rencontre avec les recteurs, aux côtés du Président de la République. Je réponds donc bien volontiers à cette question, qui est au cœur du projet pour le pays qui est le nôtre.
Plus que jamais, nous devons nous retrouver sur le sujet de la mobilisation de l'école pour les valeurs de la République, notamment dans la lutte contre les inégalités – je ne doute pas que c'est votre cas. Des réformes ont été engagées cette année, avec le renforcement de l'école prioritaire, les moyens supplémentaires que nous donnons à l'école et, bien sûr, la réforme des collèges. Cette réforme, qui s'appliquera l'année prochaine, va de pair avec une mobilisation importante pour la place du numérique à l'école. Je suis persuadé qu'elle est une réforme indispensable, nécessaire, qui vise à donner davantage de moyens à l'école et plus de chances aux élèves.
Face aux inégalités qui n'ont cessé de se reproduire, depuis des années, à l'école, en fonction du lieu de naissance, des origines sociales, des quartiers de résidence, il faut prendre à bras-le-corps la question de la mixité sociale.
Le choix fait par la ministre, s'agissant de la lutte contre cette ségrégation sociale ou spatiale, c'est de partir de l'expérimentation du terrain, à travers un certain nombre de départements – dix-sept –, en lien, bien sûr, avec les établissements, mais aussi avec les conseils départementaux. Nous partons de cette expérience du terrain, des échecs qui ont été ceux de la majorité précédente, qui a voulu remettre en cause la carte scolaire, ce qui n'a en rien réglé des problèmes de montée des inégalités, pour tirer les conclusions nécessaires pour améliorer cette situation, ce qui, honnêtement, devrait nous rassembler tous.