Bruno Nestor AzerotMonsieur le Premier ministre, j'interviens au nom du groupe de la Gauche démocrate et républicaine et en tant que représentant de l'Outre-mer. Ce que nous voulons vous dire et, à travers vous, à la nation française tout entière, c'est notre sympathie pour les victimes des terroristes, notre fierté devant le travail des forces de l'ordre – et vous savez que l'outre-mer a déjà payé le prix du sang de ce point de vue avec le sacrifice de la policière Clarissa Jean-Philippe, assassinée en janvier dernier. Nous saluons aussi l'action exemplaire des personnels de santé et de secours.
Mais, monsieur le Premier ministre, aujourd'hui, si c'est la patrie qui est touchée, c'est aussi une France jeune et ouverte sur le monde qui l'est. Pas moins de dix-sept nationalités parmi les victimes : c'est un symbole ! Et nous devons être là pour relever le défi du monde libre que nous incarnons.
Beaucoup de questions restent sans réponse, mais l'heure est au rassemblement du peuple et de la patrie autour du chef de l'État, de vous-même, monsieur le Premier ministre, et de votre combat, qui est le nôtre.
Ce que je veux vous exprimer ici, quant à moi, c'est la solidarité de la nation, et notamment de l'outre-mer.
La France est la France parce qu'elle est présente sur tous les continents et sur tous les océans. La France est la France parce qu'elle a diffusé des mots simples et des valeurs fortes à l'humanité tout entière : la liberté, l'égalité et la fraternité.
Monsieur le Premier ministre, parfois l'outre-mer réclame plus de fraternité. Aujourd'hui, cette fraternité c'est nous qui vous l'offrons en vous soutenant dans vos efforts et votre lutte dans cette épreuve qui est la nôtre. En créole, en Martinique, devant des difficultés, nous avons l'habitude de dire « Ce an lanmin ka lavé lotre ». Une main ne peut se laver seule, c'est ensemble que nous vaincrons. C'est unis que nous devons être.