Manuel Valls, Premier ministre. Monsieur Chartier, vous avez raison de rappeler que cette semaine, mais également dans les jours à venir, le pays tout entier – et d'abord, bien sûr, les familles et les proches des victimes, des tués comme des blessés – vivra en communion républicaine, une communion républicaine mais chacun, dans son intimité, avec ses croyances, cette douleur.
Vendredi prochain, dans quarante-huit heures, c'est la nation tout entière qui rendra hommage à l'ensemble des victimes. Chacun d'entre nous, par le biais d'une connaissance directe ou indirecte, aura aussi l'occasion d'accompagner à des obsèques des amis, des proches de ces victimes. Vendredi, le Président de la République le souhaite, la nation, en accrochant, en brandissant aux fenêtres, d'une manière ou d'une autre, le drapeau tricolore devra se retrouver unie.
Toutes les questions posées par la représentation nationale, par la presse, par les proches des victimes et par les Français sont légitimes. Nous avons connu une telle attaque, une telle violence de la part d'une organisation terroriste – d'une armée terroriste, puisque nous sommes en guerre, comme nous le rappellerons tout à l'heure à l'occasion du débat sur la Syrie – qui veut tuer, qui tue des hommes et des femmes, des jeunes, parce que nous sommes la France, à cause de notre art de vivre, de notre mode de vie, de notre culture.
Cette organisation puise ses fondements dans le salafisme, soit dans la négation de toute culture. Cela va donc au-delà même de la destruction d'hommes et de femmes, c'est une civilisation qu'elle attaque en France, qu'elle attaque en Tunisie, qu'elle attaque aussi dans ces lieux de culture centenaires, millénaires, en Irak ou en Syrie.